Bilan

La Russie suspend ses achats de devises à cause du rouble

La banque centrale de Russie a annoncé mercredi renoncer provisoirement à ses achats controversés de devises étrangères destinées à regarnir ses réserves.

Le contexte a depuis changé puisque le rouble, plombé par un nouvel accès de faiblesse des cours du pétrole, rechute lourdement, revenant mardi à ses plus bas niveaux depuis début mars.

Crédits: Reuters

La banque centrale de Russie a annoncé mercredi renoncer provisoirement à ses achats controversés de devises étrangères destinées à regarnir ses réserves, en raison de la nouvelle chute du rouble enregistrée ces derniers jours.

Ces opérations ont été suspendues depuis mardi "en raison de l'augmentation de la volatilité sur le marché des changes", a expliqué la Banque de Russie dans un communiqué.

Lancées début juin pour remplir des réserves mises lourdement à contribution à cause de la crise monétaire, elles avaient été très critiquées car les analystes l'interprétaient comme le signe que la banque centrale souhaitait une monnaie faible. La devise russe venait alors de subir un rebond d'une vigueur inattendue après son effondrement de fin 2014 et les autorités commençaient à craindre que le mouvement n'affecte la compétitivité de l'industrie russe.

Le contexte a depuis changé puisque le rouble, plombé par un nouvel accès de faiblesse des cours du pétrole, rechute lourdement, revenant mardi à ses plus bas niveaux depuis début mars.

Mercredi, il se reprenait légèrement: vers 07H30 GMT, l'euro baissait à 65,86 roubles contre 66,38 roubles la veille au soir et le dollar à 59,69 roubles contre 60,02 roubles.

La rechute du rouble fait cependant craindre une nouvelle accélération de l'inflation, qui avait tendance à décroître ces derniers mois après un pic à près de 17%, et un nouveau coup dur pour le pouvoir d'achat des Russes.

Elle pourrait par ricochet convaincre la Banque de Russie de choisir de maintenir son taux directeur à 11,5% lors de sa prochaine décision de politique monétaire vendredi. Les économistes s'attendaient jusqu'à ces derniers jours à un nouvel abaissement, qui serait le cinquième cette année.

L'institution avait en effet porté ce taux à 17% en décembre pour enrayer l'effondrement du rouble et cherche à revenir depuis à la normale tant ce niveau étouffe l'activité économique.

La crise monétaire de décembre, causée par la chute des cours du pétrole et les sanctions liées à la crise ukrainienne, s'est transformée en profonde récession, notamment à cause de la baisse du pouvoir d'achat et de la consommation. Le gouvernement a estimé le recul du produit intérieur brut à 4,4% au deuxième trimestre par rapport à la même période un an plus tôt.

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