Bilan

La restructuration de Zurich Insurance a pesé sur la rentabilité

Le bénéfice net de Zurich Insurance a plongé de 22% à 1,61 milliard de dollars, en dépit d'un volume d'affaires total stable de 36,06 milliards, en raison notamment des frais de restructuration.

L'assureur zurichois s'est lancé en début d'année dans un nouveau plan de restructuration, comprenant la suppression d'environ 8000 postes à l'horizon 2018, dont 750 en Suisse.

Crédits: Reuters

Zurich Insurance a essuyé au premier semestre une chute sensible de sa rentabilité, moindre toutefois qu'escompté par les marchés. La direction refuse pour l'heure de chiffrer ses ambitions sur l'ensemble de l'exercice et prévoit de faire le point sur son processus de transformation au mois de novembre.

Le bénéfice net a plongé de 22% à 1,61 mrd USD, en dépit d'un volume d'affaires total stable de 36,06 mrd USD. L'assureur évoque des gains en capital moindres, des frais de restructuration ainsi qu'un taux d'imposition alourdi pour expliquer le recul de sa rentabilité. L'excédent opérationnel (BOP) s'est érodé de 2% à 2,19 mrd USD, détaille jeudi le compte-rendu d'activité.

Le ratio combiné dans l'assurance dommages s'est dégradé de 0,1 point de pourcentage (pp) à 98,4%. Fin juin, le niveau des fonds propres atteignait 31,6 mrd USD, en repli de 0,2 mrd.

La baisse de rentabilité s'est avérée moindre que redouté par les analystes du consensus AWP, qui articulaient en moyenne un bénéfice net de 1,59 mrd USD et un BOP de 1,94 mrd USD. Le ratio combiné était attendu à 100,0% et le montant des fonds propres à 31,80 mrd CHF.

Sur le seul deuxième trimestre, Zurich Insurance a étoffé son BOP de 17% à 1,1 mrd USD mais a accusé une chute de 12% du bénéfice net attribuable aux actionnaires à 739 mio.

Performance contrastée

L'assurance dommages (General Insurance) a enregistré sur la première moitié de l'année un tassement de 1% du volume de primes et de frais de police, à 18,52 mrd USD. Hors effets de changes, le groupe revendique une croissance de 2%. L'excédent opérationnel sur ce segment s'est enrobé de 3% à 1,21 mrd USD.

Les activités vie (Global Life) ont généré un volume de primes, frais de police et dépôts d'assurance de 15,36 mrd USD, en hausse de 4%, pour un BOP en repli de 1% à 667 mio USD. La valeur des nouvelles affaires a bondi de 20% à 495 mio USD.

Les commissions de gestion dans les activités agricoles (Farmers) ont grignoté 3% à 1,42 mrd USD, mais le volume de primes brutes et frais de police a chuté de 33% à 759 mio USD. Le BOP s'est affaissé de 6% à 578 mio USD.

Le retour net sur investissements a fondu de 9% à 3,65 mrd USD, pour une performance afférente en repli de 0,1% pp à 1,9%. Le rendement des capitaux a cédé 2,3 pp à 11,9%.

La direction ne s'aventure toujours pas sur le terrain des objectifs concrets pour l'ensemble de l'exercice, mais s'affiche confiante dans sa capacité à générer pour ses actionnaires un rendement satisfaisant. Le nouveau patron Mario Creco a refusé en conférence téléphonique de délivrer des détails sur la réorientation en cours ou les coupes prévues dans les effectifs, renvoyant à la prochaine journée des investisseurs convoquée au mois de novembre.

L'assureur zurichois s'est lancé en début d'année dans un nouveau plan de restructuration, comprenant la suppression d'environ 8000 postes à l'horizon 2018, dont 750 en Suisse. La société a en outre adopté en juin une organisation simplifiée, enterrant la structure matricielle pour une administration plus géographique.

Doutes sur les perspectives

Les analystes accueillent dans l'ensemble une performance moins décevante qu'anticipé, grâce notamment à un deuxième partiel inespéré. Les avis demeurent contrastés sur les perspectives du groupe.

Des progrès sensibles ont été réalisés dans l'assurance non-vie, mais des améliorations supplémentaires sont encore nécessaires, estime la Banque cantonale de Zurich (ZKB).

Nettement plus sceptique, Bernstein attribue l'essentiel de la bonne surprise du jour à des facteurs exceptionnels et prévient que les attentes du marché pour l'avenir paraissent bien optimistes.

Pression tarifaire et conditions d'investissements constituent autant de risques pour la rémunération des actionnaires, d'autant que les réserves de la Zurich sont plutôt modestes en comparaison avec celles de ses pairs, souligne le gestionnaire d'actifs américain.

La performance s'avère supérieure aux projections, y compris hors effets de changes, relève Vontobel. Les mesures mises en oeuvre dans l'assurance dommages commencent à porter leurs fruits, salue la banque privée.

A 10h47, la nominative Zurich Insurance s'adjugeait 3,9% à 252,40 CHF et caracolait en tête d'un SMI en progressioin de 0,31%.

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