Bilan

La politique de la BNS n'est pas toute puissante, selon M. Jordan

Le président de la direction générale de la Banque nationale suisse (BNS) a appelé lundi soir les entreprises helvétiques à continuer à faire preuve de flexibilité.

"En tant que petite économie ouverte, la Suisse doit s'adapter aux changements environnants et accomplir les tâches qui lui incombent", prévient M. Jordan.

Crédits: Keystone

Le président de la direction générale de la Banque nationale suisse (BNS) a appelé lundi soir les entreprises helvétiques à continuer à faire preuve de flexibilité, dans le cadre des défis auxquels elles sont confrontées en termes de variations monétaires. Thomas Jordan a également convié l'ensemble des acteurs de la politique économique à maintenir un cadre général solide. "La politique monétaire n'est pas toute puissante", selon la retranscription du discours de M. Jordan evant Europa Forum à Lucerne.

Insistant sur l'importance pour la Suisse de son principal partenaire commercial, l'Union européenne et en particulier la zone euro, le responsable de la BNS juge inévitable des répercussion sur l'économie helvétique des choix adoptés par la Banque centrale européenne (BCE). Une amélioration de la situation de nos voisins, que tente actuellement de promouvoir l'institut de Francfort serait certes bénéfique pour la conjoncture en Suisse.

"La Suisse ne saurait toutefois se contenter d'attendre en comptant sur l'Europe. En tant que petite économie ouverte, elle doit s'adapter aux changements environnants et accomplir les tâches qui lui incombent", prévient M. Jordan.

Si le rôle prépondérant endossé par les Banques centrales durant la crise financière et de la dette se justifiait pleinement, la poursuite de cet état de fait depuis génère désormais des risques car la politique monétaire à elle seule ne permet pas de résoudre les problèmes structurels, estime le patron de l'institut d'émission.

Adoption et abandon du taux plancher défendus

Le banquier central défend d'ailleurs une nouvelle fois aussi bien l'introduction d'un cours plancher EUR/CHF en septembre 2011 que sa suppression près de trois ans et demi plus tard. Cet instrument se justifiait lors de son adoption car il a permis d'atténuer une revalorisation excessive de la monnaie nationale. En janvier de l'année dernière, la situation générale s'était toutefois sensiblement améliorée, aux Etats-Unis notamment.

L'assouplissement de la politique monétaire menée par la BCE avait en outre déjà conduit depuis l'été 2014 à un affaiblissement de la monnaie unique face au dollar et le franc avait aussi perdu de la valeur par rapport au billet vert.

L'écart croissant entre une politique monétaire américaine en voie de resserrement et une politique européenne toujours plus accommodante a alors amené la BNS à devoir procéder à des interventions accrues sur le marché des changes, pour contrer la faiblesse de l'euro. "Une suppression plus tardive du cours plancher aurait entraîné des répercussions tout aussi fortes sur l'économie, mais également des pertes bien plus importantes pour la Banque nationale", assure M. Jordan.

La BNS compte désormais sur ses interventions sur le marché des changes, sans la pression du taux plancher, ainsi que sur les taux d'intérêts négatifs pour estomper les pressions exercées sur un franc, par ailleurs toujours jugé surévalué.

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