Bilan

La politique de la BCE pèse sur les comptes de la Bundesbank

Les rachats massifs de dettes de la BCE ont contraint la banque centrale allemande à augmenter ses provisions.

L'an dernier, la Bundesbank a enregistré un bénéfice net d'un milliard d'euros, contre 3,2 milliards en 2015.

Crédits: AFP

La banque centrale allemande a annoncé jeudi une chute de ses bénéfices en 2016, conséquence de rachats massifs de dettes de plus en plus souvent à taux négatifs qui l'ont contrainte à augmenter ses provisions.

L'an dernier, la Bundesbank a enregistré un bénéfice net d'un milliard d'euros, contre 3,2 milliards en 2015, a annoncé son président Jens Weidmann lors d'une présentation des résultats annuels devant la presse à Francfort.

L'institution monétaire prélèvera encore sur ce montant quelque 600 millions pour faire face à des engagements de retraites.

Conséquence, la banque centrale allemande, qui reverse comme ses consoeurs de la zone euro ses bénéfices à son gouvernement, ne virera cette année que 399 millions d'euros à l'Etat allemand, le plus faible montant depuis 2004, a-t-elle précisé.

Une mauvaise nouvelle pour le budget fédéral de 2017, qui prévoyait des recettes de 2,5 milliards d'euros tirés des bénéfices de la Bundesbank.

"Il n'est pas possible pour le moment de prévoir quelles conséquences ce moins-perçu aura globalement en 2017", a indiqué un porte-parole du ministère des Finances à l'AFP.

"Actuellement il ne semble pas que le budget puisse être déficitaire à la fin de l'année" à cause de ce manque à gagner, a-t-il toutefois ajouté, précisant que le montant transféré par la Bundesbank correspondait à environ 0,6% des recettes totales prévues pour 2017.

En 2016, "le bénéfice annuel a reculé par rapport à l'année précédente car la Bundesbank a augmenté ses provisions" pour faire face principalement à des risques sur les variations de taux, a expliqué M. Weidmann.

La "Buba", fer de lance du vaste programme de rachat de dettes lancé en mars 2015 par la Banque centrale européenne (BCE), acquiert en masse chaque mois depuis cette date des obligations privées et publiques sur les marchés.

Face à une raréfaction progressive des titres éligibles, elle achète de plus en plus souvent des dettes à taux négatifs, synonymes de possibles pertes à venir, une situation inédite pour la banque centrale.

Pour compenser d'éventuelles pertes futures, la banque centrale allemande a passé l'an dernier pour près de 2 milliards d'euros de provisions pour risques supplémentaires, portant ses provisions totales à 15,4 milliards d'euros.

"C'est pour nous une situation nouvelle", a reconnu M. Weidmann, opposant déclaré au "QE", acronyme anglo-saxon désignant le programme de rachats de la BCE.

Pour autant, "les décisions de politique monétaire ne devraient pas être mesurées aux bénéfices des banques centrales mais surtout et uniquement à l'aune de l'objectif de stabilité des prix", a-t-il dit.

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