Bilan

La livre sterling devrait rester faible

Privilégier les obligations à taux variable en dollar et surpondérer le secteur de l’ingénierie de construction, conseille Mirabaud.

La livre sterling a touché son point bas en novembre évolution de la livre contre le franc suisse depuis 1 an.

Crédits: Swissquote

L’activation de l’article 50 du Traité de Lisbonne par le Royaume-Uni fin mars a marqué le début du processus de sortie du pays de l’Union européenne. Au vu des positions affichées par les deux parties sur les négociations à venir, la vraie période d’incertitude commence maintenant. Dans ce cadre, la livre sterling devrait rester faible contre l’euro et le dollar. En effet, malgré les bons chiffres économiques publiés jusqu’à maintenant, la croissance réelle des salaires stagne en raison de la hausse de l’inflation, ce qui pèsera sur la consommation. Ainsi, l’économie britannique devrait commencer à ralentir et la Banque d’Angleterre maintiendra une politique monétaire accommodante.

Le dollar restera, selon nous, stable à moyen terme et cela tant que des développements n’auront pas eu lieu sur le front de la réforme de l’imposition des entreprises – que nous n’attendons pas avant l’été – et sur une hypothétique politique d’ajustement fiscal à la frontière qui renforcerait durablement le dollar. 

Après une appréciation sur le premier trimestre, nous attendons une dépréciation du yen contre les principales monnaies. Le processus de normalisation des taux d’intérêt qui a lieu dans les principaux pays développés ne touche pas le Japon, dont la politique monétaire fixe la courbe des rendements entre -0,1% à court terme et 0% à une maturité de dix ans.

Pour les marchés actions, le premier trimestre a été positif, porté par la révision à la hausse de la croissance et des bénéfices. Sur le seul mois de mars, les marchés de la périphérie européenne, principalement l’Espagne, l’Italie et le Portugal, ont réalisé des performances supérieures à 7%, reflétant la réduction du risque politique perçu par les analystes. Mais les pays émergents ont affiché les meilleurs rendements sur les trois premiers mois de l’année, à près de 13%. La bonne tenue de l’économie chinoise, dont le PIB pourrait croître solidement sur le premier trimestre, et la hausse graduelle des taux aux Etats-Unis expliquent ce résultat.

Nous sommes actuellement positionnés avec une pondération neutre sur les pays développés et légèrement sous-pondérés sur les pays émergents dans nos portefeuilles. En Europe, nous avons surpondéré le secteur de l’ingénierie de construction.

Aux Etats-Unis, les discussions sur le plafond de la dette reprendront prochainement et pourraient amener leur lot de volatilité sur les marchés. En effet, ce dernier a été restauré le 16 mars dernier après avoir été suspendu en 2015. Depuis, le Trésor américain a de nouveau recours «aux mesures extraordinaires» afin de financer ses dépenses. Une politique qui pourrait durer jusqu’à l’automne.

Dans le domaine des obligations, la réduction du programme d’achat d’actifs de la BCE dès le mois d’avril pourrait peser sur les obligations des pays périphériques. L’élargissement des écarts de taux d’intérêt entre l’Allemagne et les pays périphériques indiquera dans quelle mesure la fin du programme de soutien de la BCE, d’ici à la fin de l’année au plus tôt, est déjà intégrée dans les prix par les investisseurs.
La hausse observée en mars reflète en effet principalement le risque politique. Un élargissement trop important des taux d’intérêt des pays périphériques pourrait signifier aux banquiers centraux qu’un soutien prolongé demeure nécessaire pour soutenir la croissance et l’inflation en zone euro.

A cet égard, nous nous attendons toujours à une poursuite de la normalisation des taux d’intérêt, mais à un rythme moindre que celui attendu par les marchés. Ce scénario se concrétise par une sous-duration et une sous-pondération de la poche obligataire souveraine en euro et en dollar dans nos portefeuilles. Nous investissons également une partie de nos portefeuilles dans des obligations américaines à taux variables qui bénéficient de la hausse des taux courts aux Etats-Unis.  

* Economiste stratégiste, Banque Mirabaud

Valentin Bissat*

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