Bilan

La justice acquitte une ex-employée d'UBS par manque de preuves

La justice zurichoise a acquitté mardi une ex-assistante de direction de l'UBS accusée d'avoir détourné un million de francs en dix ans, par manque de preuves.

Acquittée, l'ancienne secrétaire obtient un dédommagement de 33'000 francs ainsi que le remboursement des frais de voyage de 1800 francs.

Crédits: Keystone

La justice zurichoise a acquitté mardi une ex-assistante de direction de l'UBS accusée d'avoir détourné un million de francs en dix ans. Le Tribunal de district l'a laissée en liberté par manque de preuves.

Le Ministère public réclamait une peine de 3 ans dont six mois ferme. Il accusait la femme âgée de 51 ans d'avoir utilisé une carte de crédit destinée à des dépenses internes pour financer son train de vie luxueux.

Selon l'accusation, l'ancienne employée de l'UBS s'est offert des vacances de luxe entre 2000 et 2010, des bijoux, des vêtements et des plaisirs gastronomiques en "pompant" sur la carte de crédit que son employeur destinait à des frais d'apéro ou de cadeaux pour des clients. Des opérations de chirurgie esthétique et des séjours dans des spas complètent le tableau.

Un hôtel d'Ascona (TI) a ainsi coûté 11'000 francs à l'UBS. En janvier 2009, l'ex-secrétaire a fait valoir des frais de voyage pour 18'000 francs. En automne 2010, lorsque le pot-aux-roses a été découvert, elle avait dépensé plus d'un million de francs.

La femme, qui vit aujourd'hui à Londres, a clamé son innocence. Elle a expliqué avoir été "la bonne à tout faire" à l'UBS et n'a fait que suivre la philosophie d'entreprise. Les retraits d'argent étaient un méli-mélo d'achats privés et d'affaires: "Je ne me sentais pas une criminelle", a-t-elle déclaré.

La défense a plaidé l'acquittement, critiquant la culture d'entreprise de l'UBS, qui favorisait les comportements malhonnêtes. La grande banque a fermé les yeux sur les agissements de son employée et considéré les dépenses comme des frais d'entreprise, a-t-elle argumenté.

Le Tribunal a suivi la défense: il n'est pas prouvé que la carte bancaire ait été utilisée à tort. L'accusation a manqué d'exposer les règles d'utilisation de la carte. Il est en outre remarquable que les dépenses parfois clairement privées n'aient jamais été remises en cause en dix ans, et cela par cinq supérieurs différents.

Au contraire: les limites de retrait de la carte ont été augmentées pendant cette période de 10'000 francs à 20'000 puis même à 25'000 francs.

Acquittée, l'ancienne secrétaire obtient un dédommagement de 33'000 francs ainsi que le remboursement des frais de voyage de 1800 francs.

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