Bilan

La complexité réglementaire ne peut être gérée que par l'intelligence artificielle

Le CEO d'UBS Sergio Ermotti estime qu'"on arrive à une limite physique humaine pour gérer toute (la) complexité" générée par l'accumulation des dispositifs régulatoires dans le secteur bancaire.

Le phénomène de numérisation du secteur bancaire doit être considéré de manière positive, selon M. Ermotti.

Crédits: Keystone

Pour le directeur général (CEO) d'UBS, Sergio Ermotti, l'accumulation des dispositifs régulatoires dans le secteur bancaire au niveau suisse et mondial a généré un degré de complexité tel qu'il ne peut être gérée que par l'intelligence artificielle (IA). Peu importe les ressources humaines qu'on alloue à ces activités, "on arrive à une limite physique humaine pour gérer toute cette complexité", a indiqué dimanche le patron du numéro un bancaire helvétique dans un entretien sur TeleTicino.

Le phénomène de numérisation du secteur bancaire, impératif pour conserver la compétitivité au niveau international, doit être considéré de manière positive, selon M. Ermotti, dans la mesure où il permet de fournir aux clients des services plus précis et plus rapides, tout en optimisant les coûts.

"Ces changements se traduisent également par l'élimination de certaines activités", reconnaît le Tessinois. Il rappelle toutefois qu'en Suisse, un million de personnes partira à la retraite au cours des dix prochaines années, alors que dans le même temps seule la moitié de ce chiffre devrait arriver sur le marché.

Dans un contexte marqué par un fléchissement de l'immigration, avec un taux de natalité également en repli, le développement technologique permet de palier à ce déséquilibre structurel entre l'offre et la demande sur le marché du travail, estime le CEO de la banque aux trois clés.

Concernant les perspectives de croissance par acquisition, M. Ermotti observe qu'il y a une surcapacité dans le secteur financier en Suisse comme à l'étranger. Des possibilités pourraient se présenter en fonction de leur adéquation avec le modèle d'affaires et de stratégie de la banque, "mais ce n'est pas notre option numéro un". Aujourd'hui "les dimensions ne signifient plus rien".

La banque doit "faire mieux aujourd'hui avec les moyens à disposition" avant d'envisager de croître de manière non organique. L'évolution de ces dernières années permet une croissance organique du point de vue des recettes, des parts de marché, de l'efficience, affirme le CEO.

Interrogé sur les ambitions politiques que lui prêtent certains, le patron d'UBS a insisté sur le fait que si ses idées contribuent à faire avancer le débat, il reste avant tout un banquier. "Je pense que la politique est l'affaire d'autres personnes, ce n'est pas pour moi", a-t-il conclu.

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