Bilan

La chute du marché obligataire résulte d'un manque de liquidités

La récente chute des cours sur le marché obligataire s'explique par une raréfaction des liquidités, selon Pascal Blanqué, directeur des investissements (CIO) du gestionnaire d'actifs français Amundi.

Le rachat de dette par les banques centrales, ou quantitative easing (QE), donne l'impression que le marché est liquide. Or, au niveau microéconomique, les liquidités n'ont cessé de baisser depuis la crise financière de 2008, insiste le spécialiste.

Crédits: AFP

La récente chute des cours sur le marché obligataire s'explique par une raréfaction des liquidités, selon Pascal Blanqué, directeur des investissements (CIO) du gestionnaire d'actifs français Amundi. Pour M. Blanqué, cet épisode vient rappeler aux investisseurs que ce type d'actif reste exposé de manière non négligeable à la volatilité, contrairement à une idée largement répandue. Les notions d'actifs à faible risque ou "à risque zéro" sont relatives, selon le CIO.

"Les liquidités constituent le principal défi que devront relever les marchés ces prochaines années", a indiqué lundi Pascal Blanqué, qui s'est exprimé à l'occasion d'une rencontre avec les médias à Zurich. Le rachat de dette par les banques centrales, ou quantitative easing (QE), donne l'impression que le marché est liquide. Or, au niveau microéconomique, les liquidités n'ont cessé de baisser depuis la crise financière de 2008, insiste le spécialiste.

Sans se substituer aux banques, les gestionnaires d'actifs jouent un rôle de plus en plus important comme bailleurs de fonds pour l'économie réelle, en injectant d'importantes sommes d'argent sous forme d'investissements, a rappelé Pascal Blanqué.

Pour ce dernier, la crise a marqué un tournant. "Le recours par les banques centrales au QE ne relève pas d'une situation spéciale, c'est la nouvelle normalité", affirme-t-il. Ce changement de paradigme doit permettre d'envisager la stratégie de placement sous un autre angle. La liquidité des actifs, facteur de volatilité, devrait représenter le troisième critère fondamental à prendre en compte au moment de constituer un portefeuille, après le risque et le retour sur investissement.

"VACHES SACRÉES" À SACRIFIER

Dans le prolongement de cette réflexion, Pascal Blanqué souligne la nécessité de tuer les "vaches sacrées" de la théorie moderne de gestion du portefeuille. Il en dénombre 25, listées dans un essai publié l'année dernière aux éditions Economica. L'auteur estime notamment que l'équation "risque égale retour sur investissement" ne se révèle pas systématiquement exacte, le bon sur dix ans du Trésor américain ayant par exemple dépassé la performance du marché des actions entre 1999 et 2009.

La diversification du portefeuille nécessite également l'adoption d'une approche différente, argue le CIO. Elle ne doit plus passer par une pondération entre classes d'actifs mais entre plusieurs facteurs, comme la dynamique, la taille, la croissance ou encore la qualité desdits actifs. Pascal Blanqué affirme qu'un investisseur qui détient des actions et des emprunts d'entreprise met tous ses oeufs dans le même panier.

Le recours aux indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière est également mise à l'index. M. Blanqué penche plutôt en faveur des "smart beta", c'est-à-dire les stratégies de placement qui se concentrent sur des sous-ensembles particuliers de titres, supposés surperformer le marché.

Le CIO d'Amundi reconnait que toutes ces alternatives ne datent pas d'hier mais conseille de les adopter, ne serait-ce que partiellement, afin d'équilibrer le portefeuille de placement. Pour le spécialiste, les recettes qui fonctionnent pour les investisseurs institutionnels peuvent s'appliquer aux privés.

Amundi Asset Management est le leader européen dans son domaine avec plus de 950 mrd EUR d'actifs sous gestion au 31 mars 2015. Ces avoirs ont progressé de 8,7% sur trois mois et de 18% sur un an.

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