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La Chine est prête à remplacer 155 milliards de créances douteuses

La Chine envisage de remplacer jusqu'à 1.000 milliards de yuans de créances douteuses plombant le bilan des banques en participations dans les entreprises endettées.

Le principe avait déjà été évoqué par les autorités, soucieuses d'abaisser le ratio de créances douteuses des banques.

Crédits: Reuters

La Chine envisage de remplacer jusqu'à 1.000 milliards de yuans de créances douteuses plombant le bilan des banques en participations dans les entreprises endettées, rapporte un journal chinois, alors que la montée des prêts menacés de non-remboursement fragilise le secteur financier de la deuxième économie mondiale.

Le principe avait déjà été évoqué par les autorités, soucieuses d'abaisser le ratio de créances douteuses des banques (c'est-à-dire les prêts présentant un risque élevé de non remboursement), mais sans s'avancer sur l'exacte ampleur de l'opération.

Or, c'est l'équivalent de 155 milliards de dollars de dettes au total qui pourraient être effacées en échange de prises de participations dans les entreprises concernées, révèle le magazine des affaires Caixin, citant un dirigeant de China Development Bank.

Le chiffre a été confirmé à l'agence Bloomberg par une source proche du dossier, selon laquelle les autorités pourraient commencer à agir dès début avril.

L'opération pourrait modifier de façon significative l'actionnariat des firmes chinoises en difficulté --dans les économies développées, l'échange de dette contre des participations se traduit souvent par une forte dilution des actionnaires existants... allant jusqu'à accorder le contrôle de l'entreprise à ses créanciers.

Mais si la mesure serait à même de consolider le bilan des établissements financiers, elle pourrait aussi permettre à des firmes structurellement non-rentables de survivre plutôt que d'être acculées à la faillite.

De quoi amener le gouvernement à repousser encore la mise en place de réformes censées accorder un rôle accru au secteur privé et au marché, s'inquiètent des analystes.

"Les prises de participations des banques auront pour résultat de générer un aléa moral" --en déresponsabilisant d'autres firmes minées par l'endettement-- et "cela amplifiera les risques financiers à long terme", avertissent dans une note les experts de Nomura.

Pour autant, la montée rapide et inquiétante des créances douteuses dans le bilan des banques chinoises avait amené les agences de notation financière à tirer le signal d'alarme.

En plein ralentissement économique --la croissance chinoise a glissé l'an dernier au plus bas depuis un quart de siècle--, des firmes de l'industrie lourde ne survivent plus que grâce au crédit sans guère d'espoir de redevenir rentables.

Dans ce contexte, le ratio des créances douteuses d'Agricultural Bank of China (ABC) a grimpé à 2,39% fin 2015, contre 1,54% un an auparavant. Celui de ICBC, le plus gros établissement chinois, s'élève à 1,5%, contre 1,13% fin 2014.

Alors que la conjoncture s'assombrit malgré les mesures de relance de Pékin, l'échange "dettes contre participations" pourrait amoindrir le risque pour les banques mais "on ne peut pas considérer cela comme une solution pérenne" à la montée des créances douteuses, insiste Nomura.

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