Bilan

La Bourse de Shanghai rebondit après les mesures choc des autorités

La Bourse de Shanghai a rebondi jeudi de façon spectaculaire, grimpant de 5,76% au terme d'échanges d'une volatilité extrême.

La Bourse shanghaïenne s'est effondrée de 31% depuis le 12 juin - une correction spectaculaire après une envolée euphorique de 150% en un an, dopée à l'endettement et déconnectée de l'économie réelle, et qui s'est finalement essoufflée.

Crédits: Reuters

La Bourse de Shanghai a rebondi jeudi de façon spectaculaire, grimpant de 5,76% au terme d'échanges d'une volatilité extrême, après l'annonce de nouvelles mesures d'urgence des autorités pour enrayer la débâcle du marché.

L'indice composite shanghaïen a terminé en augmentation de 202,14 points, à 3.709,33 points.

Il avait plongé de 3,81% après l'ouverture, avant de remonter. La place shanghaïenne avait dévissé de pratiquement 6% mercredi, dégringolant de presque un tiers en trois semaines.

La Bourse de Shenzhen a elle clôturé jeudi en hausse de 3,76%, à 1.955,35 points.

"La confiance fait son retour parmi les investisseurs", soulignait Zhang Gang, analyste du courtier Central China Securities.

"Les mesures du gouvernement ne soutiennent plus uniquement les +valeurs vedettes+ mais également les autres titres de la cote, ce qui a dopé les volumes d'échanges et la liquidité", indiquait-elle à l'AFP.

"Il y a encore beaucoup d'incertitude, mais c'est bien mieux que les jours précédents", marqués par un climat de panique générale, abondait Qian Qimin, de Shenyin Wanguo Securities.

La Bourse shanghaïenne s'est effondrée de 31% depuis le 12 juin --une correction spectaculaire après une envolée euphorique de 150% en un an, dopée à l'endettement et déconnectée de l'économie réelle, et qui s'est finalement essoufflée.

Jusqu'à présent, l'arsenal de mesures d'urgence adoptées hâtivement par le gouvernement semblait impuissant à enrayer le plongeon.

Les régulateurs ont dévoilé mercredi soir une nouvelle mesure choc: les plus gros actionnaires, ceux possédant plus de 5% dans une entreprise cotée, se voient désormais interdits de vendre leur participation sur les six prochains mois.

Mais de l'avis de certains analystes, cela pourrait s'avérer insuffisant à rassurer durablement les investisseurs aux abois --en grande majorité des particuliers--.

"Cela suggère un état de désarroi total des autorités", commentait Mark Mobius, président du fonds Templeton Emerging Markets Group, cité par Bloomberg News.

"Une telle mesure montre qu'elles ont perdu le contrôle de la situation", avertissait-il.

 
Effet de contagion

Et ce alors que la déroute des places de Chine continentale fait désormais tâche d'huile : la Bourse de Hong Kong a décroché de presque 6% mercredi, sa pire chute en six ans.

Même Wall Street, rattrapé par la débandade chinoise, a fini en forte baisse mercredi, sur fond de craintes d'une déstabilisation de la deuxième économie mondiale.

De fait, l'effet de contagion n'épargnait plus les marchés de matières premières industrielles, dont la Chine est le premier pays consommateur.

Le cours au comptant du minerai de fer s'est ainsi effondré de 10% mercredi, au plus bas depuis mai 2009.

Or, de l'avis général, le sursaut de jeudi apparaissait bien fragile, sur des marchés en proie à une forte volatilité.

Les titres de quelque 1.400 entreprises cotées sont désormais suspendus pour éviter qu'ils ne tombent encore plus bas, ce qui paralyse presque la moitié de la cote, selon Bloomberg.

Un moyen précaire de contenir artificiellement tout nouveau décrochage.

 
Prêt à faire ce qu'il faut

De son côté, la banque centrale chinoise (PBOC) a encore une fois assuré jeudi qu'elle fournirait des liquidités abondantes pour stabiliser les Bourses, via le financement des "opérations sur marge" (achats d'actions par endettement).

Et, alors que des rumeurs sur d'éventuelles "manipulations de marchés" agitent les réseaux sociaux, la CSRC et la police ont ouvert jeudi une enquête conjointe sur "des ventes à découvert malveillantes", selon la presse d'Etat.

Les ventes à découvert, pratique financière courante et autorisée, consistent à vendre à l'avance, à un prix déterminé au préalable, un titre qu'on ne détient pas encore en pariant sur sa baisse.

En outre, une centaine de grands groupes étatiques chinois ne pourront plus vendre les actions de leurs filiales cotées, et les compagnies d'assurances sont invitées à investir en Bourse une proportion accrue de leurs actifs.

"Le gouvernement donne l'impression qu'il est +prêt à faire absolument tout ce qu'il faut+ (...) mais en l'absence d'impact notable, il jettera probablement d'autres ressources dans la bataille", estimaient les analystes de Société Générale.

Pékin apparaît autant désireux de désamorcer le mécontentement populaire que de conserver sa crédibilité, après avoir dévolu aux Bourses un rôle crucial dans son programme de réformes du secteur financier et ses efforts de rééquilibrage économique.

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