Bilan

La BNS maintient ses taux inchangés

La Banque nationale suisse (BNS) a continué à marteler que le franc était toujours surévalué et que les déséquilibres persistaient sur les marchés immobilier et hypothécaire.

Au niveau des devises, la BNS a indiqué poursuivre ses interventions sur le marché des devises, estimant que "le franc reste nettement surévalué".

Crédits: Keystone

La Banque nationale suisse (BNS) n'a pas créé la surprise jeudi en maintenant ses taux directeurs inchangés. L'institut d'émission a par contre légèrement relevé les perspectives de croissance pour l'économie helvétique, même s'il estime que le franc est toujours surévalué. Un changement de politique monétaire n'est pas en vue, selon les analystes.

Comme l'avaient anticipé les analystes interrogés par AWP, la banque centrale n'a pas modifié sa politique monétaire. Le taux d'intérêt appliqué aux avoirs à vue détenus à la BNS reste à -0,75% et la marge de fluctuation du Libor à trois mois demeure entre -1,25% et -0,25%. Son principal taux directeur avait été abaissé à ce niveau le 15 janvier 2015, après l'abandon du taux plancher, et n'a pas subi de changement depuis.

Rien de nouveau non plus au niveau des devises, la BNS se contentant de marteler le même message employé depuis des mois, à savoir que "le franc reste nettement surévalué" et qu'elle continuera à intervenir sur le marché du change pour lutter contre l'appréciation de la monnaie nationale.

La BNS s'est voulue plus positive sur l'économie suisse. L'institut d'émission table cette année sur un produit intérieur brut (PIB) en hausse "d'environ 1,5%", contre 1,0% à 1,5% dans les précédentes projections.

"Les estimations trimestrielles révisées concernant le produit intérieur brut (PIB) indiquent un redressement un peu plus marqué de l'économie suisse depuis mi-2015. Toutefois, l'utilisation des capacités de production demeure globalement insatisfaisante", a-t-elle jugé.

"La reprise a été plus ou moins forte selon les branches", avec une lueur d'espoir dans l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM), a constaté le président Thomas Jordan à la radio SRF.

La BNS vise une inflation de -0,4% cette année, la progression des prix devant redevenir positive de 0,2% (0,3% précédemment) en 2017 et accélérer de 0,6% (contre 0,9%) en 2018.

Au niveau mondial, l'institut mise sur une "croissance modérée au cours des prochains trimestres". Revenant sur le vote britannique en faveur du Brexit fin juin, la BNS a estimé que le référendum a suscité "de grandes incertitudes". Elle a abaissé dans la foulée ses prévisions de croissance pour la zone euro et le Royaume-Uni.

Creux de la vague pour les taux

Concernant le secteur immobilier en Suisse, la BNS a constaté que "la hausse des prix sur le marché immobilier a ralenti" au deuxième trimestre, mais la progression des créances hypothécaires s'est maintenue. La banque centrale estime que "les déséquilibres demeurent élevés sur les marchés hypothécaire et immobilier" et vérifie à intervalle régulier s'il faut adapter le volant anticyclique de fonds propres.

Les marchés réagissaient de façon marquée à ces annonces. L'indice vedette SMI de la Bourse suisse, tout juste positif avant ces annonces, s'est enfoncé dans le rouge avant de remonter vers midi. Le franc s'est quant à lui relâché face à l'euro, la paire de devises bondissant à 1,0963 EUR/CHF avant de redescendre. Vers 13h00, elle s'échangeait à 1,0946 EUR/CHF.

Si le statu quo monétaire n'a pas suscité de réaction parmi les analystes, ces derniers ont commenté la révision à la hausse du PIB. Mirabaud Securities a ainsi employé la métaphore du "roseau suisse", estimant que l'économie helvétique "plie mais ne rompt pas".

"Penser que l'économie suisse va mieux qu'avant la perte du cours plancher face à l'euro est faux, cependant on peut affirmer que l'économie suisse va mieux", ont-ils nuancé. Selon ces derniers, "la BNS ne doit pas s'endormir sur ses lauriers car le chemin est encore long", notamment pour les PME exportatrices.

Pour les spécialistes de VP Bank, "l'économie helvétique commence à s'accommoder du franc fort", mais la BNS devra continuer à intervenir sur le marché des devises.

Les économistes d'Unicredit Research s'attendent à ce que la banque centrale conserve ses taux inchangés ces prochains trimestres.

Vu que la Banque centrale européenne (BCE) n'a pas bougé sur les taux jeudi dernier, la décision de son homologue helvétique n'est pas une surprise, a rappelé IG Bank. Comme l'institut francfortois n'a pas intérêt à abaisser davantage ses taux, la BNS pourrait avoir atteint "le creux de la vague" en matière de taux, ont-ils estimé.

La politique monétaire de la BNS va continuer à être influencée par celle des grands instituts d'émission. Prochain en date, la Réserve fédérale américaine (Fed) se réunira les 20 et 21 septembre.

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