Bilan

La BNS face à une nouvelle plongée de l'euro

L’euro perce un plancher vieux de 9 ans face au dollar. Les taux négatifs introduits à la fin 2014 ne suffiraient pas à maintenir le taux plancher à 1,20 franc.

La possibilité d'une sortie de la Grèce de la zone euro a fait plonger la monnaie à son plus bas niveau depuis neuf ans face au dollar.

Pour la Banque nationale Suisse (BNS), le maintien du taux plancher de 1,20 franc pour un euro devient de plus en plus difficile. Dans la nuit de lundi à mardi, l’euro a atteint son niveau le plus bas face au dollar depuis neuf ans. Après avoir acheté d’énormes quantités d’euros pour soutenir le franc, la BNS s’est d’ores et déjà tournée vers les taux négatifs à la fin de l’année dernière.

Mais l’éventualité d’une sortie de la Grèce de la zone euro, envisagée dans la perspective des élections prévues à la mi-janvier. déstabilise encore davantage la monnaie et menace le taux plancher de 1,20 franc pour euro. Or, si la BNS devait abandonner sa politique face à des conditions intenables, le franc s’apprécierait immédiatement, avec des conséquences dramatiques pour l’économie helvétique. La production de l’industrie des machines deviendrait trop cher pour les pays voisins et les touristes européens disparaîtraient en Suisse.

Dans son blog Insideparadeplatz.ch, Lukas Hässig pointe le fait que la BNS finance la dette européenne en liant le franc à l’euro. En effet, la BNS investit les euros qu’elle acquiert dans des obligations d’Etat européennes. En clair, la BNS fournit notamment à l’Allemagne – notre principal partenaire commercial – les moyens d’acquérir la production de notre industrie des machines et des fournisseurs industriels. La Confédération - et plus largement les pays du nord de l’Europe qui financent les dettes des pays du Sud - alimentent ainsi eux-mêmes le boom de leurs exportations.

Lukas Hässig évoque encore le scénario catastrophe de la disparition de l’euro, dans le sillage d’une éventuelle sortie de la Grèce du système. Un désastre pour la Suisse car la BNS a déjà investi plus de 200 milliards de francs en euro.

Si d’autres voix s’élèvent aussi pour critiquer le lien entre le franc et l’euro, les tensions politiques doivent cependant être apaisées par le fait que la BNS doit réaliser un bénéfice plus élevé que prévu à 38 milliards de francs, selon des estimations d’UBS. Bien que contrainte à vendre des milliards de francs pour maintenir le taux plancher, la BNS a réalisé de bons résultats grâce à ses décisions avisées sur les marchés. Les dividendes satisfaisants qu’obtiendront les cantons et à la Confédération devraient contribuer à calmer les esprits.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

Du même auteur:

CFF: Comment éviter le scénario catastrophe
L’omerta sur le harcèlement sexuel existe aussi en suisse

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."