Bilan

La BCE seule ne pourra pas sauver l'Europe, selon le président d'UBS

A la veille d'une décision de la BCE sur un probable rachat massif de dette publique, Axel Weber a estimé mercredi à Davos qu'une telle mesure permettrait seulement de temporiser.

Axel Weber, président de UBS, estime que la BNS a agi correctement.

Crédits: Keystone

La Banque centrale européenne (BCE) ne pourra rétablir à elle seule une croissance durable en Europe, selon Axel Weber. Le président d'UBS a vivement critiqué les dirigeants politiques européens qui n'ont jusqu'à présent "pas fait leur travail" et doivent de toute urgence mener des réformes de fond.

A la veille d'une décision de la BCE sur un probable rachat massif de dette publique, Axel Weber a estimé mercredi à Davos qu'une telle mesure permettrait seulement de temporiser encore un peu. "Mais si vous achetez du temps pour ne pas l'utiliser ensuite, c'est comme de prendre un médicament qui n'aurait pas d'effet", a-t-il lancé au 45e Forum économique mondial (WEF), en ouverture d'une session consacrée au "nouveau contexte de croissance".

Pour l'ex-président de la banque centrale allemande, la BCE en a assez fait: aux responsables politiques maintenant de "faire leur job" et de faire face aux "nombreux problèmes" auxquels le Vieux-Continent est actuellement confronté.

"Il y a un an, ici même à Davos, j'affirmais que l'Europe n'était pas revenue de sa crise. Mais que les gros titres étaient partis". Les dirigeants européens n'ont pas su profiter de cette accalmie médiatique pour mener des réformes "plus que nécessaires", selon le président du numéro un bancaire helvétique.

"Aujourd'hui, une reprise n'est toujours pas à l'ordre du jour et les problèmes sont revenus". Confrontée au risque de déflation, mais aussi à un fort taux de chômage, l'Europe devra mener ces réformes. Mais elle sera désormais sous l'œil des marchés, qui face à un environnement criblé d'incertitudes s'avèrent impitoyables.

La BCE devrait annoncer jeudi, à l'issue de sa réunion de politique monétaire des rachats massifs de dette publique. L'institution espère ainsi relancer les prix et l'économie.

Revenant sur la décision de la Banque nationale suisse (BNS) d'abandonner son taux plancher de 1,20 franc pour un euro, Axel Weber estime qu'elle a agi correctement. "Nous savions qu'il s'agissait d'une mesure temporaire. Et qu'elle prendrait fin de manière abrupte. Il ne pouvait en être autrement."

Ce brusque revirement de cap aura "beaucoup d'impact sur l'économie suisse", aujourd'hui sous pression et face à d'importants défis. "Mais elle saura y faire face et je suis optimiste quant à une normalisation des taux de change".

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