Bilan

La BCE réduit en douceur son soutien à l'économie

La BCE a engagé un virage monétaire en décidant de la réduction de son imposant programme anticrise en zone euro, tout en laissant sans surprise ses taux inchangés.
  • Les rachats de dette publique et privée effectués au rythme de 60 milliards d'euros par mois vont être réduits à 30 milliards d'euros mensuels.

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  • L'institut n'a cessé de souligner que le programme de rachats de dette soutient l'offre de crédit des banques et stimule la croissance et l'inflation.

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  • Ces annonces ont fait baisser l'euro, qui cotait 1,1760 dollar, tandis que la Bourse de Francfort a rebondi.

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La Banque centrale européenne a engagé jeudi un virage monétaire en décidant de la réduction, largement anticipée, de son imposant programme anticrise en zone euro, tout en laissant sans surprise ses taux inchangés.

Les rachats de dette publique et privée effectués au rythme de 60 milliards d'euros par mois, parvenant à échéance fin décembre 2017, vont être réduits à 30 milliards d'euros mensuels entre janvier et septembre 2018, conformément au scénario attendu par une majorité d'observateurs, a annoncé l'institution.

La BCE réaffirme en revanche se ménager la possibilité d'augmenter ce montant si les perspectives devaient s'assombrir en zone euro, et elle réaffirme qu'elle n'engagera de remontée de ses taux d'intérêt que "bien après" la fin des rachats d'actifs, précise-t-elle.

Les taux directeurs n'ont pas évolué jeudi, le principal taux de refinancement des banques, pour se procurer de l'argent frais, a été maintenu à zéro, tandis que les banques vont devoir continuer à payer pour déposer auprès de la BCE des liquidités dont elles n'ont pas d'utilité immédiate (taux de dépôt à -0,40%).

Ces annonces ont fait baisser l'euro, qui cotait 1,1760 dollar, tandis que la Bourse de Francfort a rebondi, l'indice Dax passant de +0,30% à +0,53% juste après le communiqué de la BCE.

La BCE ne va pas arrêter "soudainement" ses rachats de dette

Le programme de rachats massifs de dettes, surnommé "QE", "ne va pas s'arrêter soudainement", a promis M. Draghi lors d'une conférence de presse.

"Nous n'avons jamais été d'avis que cela devait s'arrêter soudainement" et "la grande majorité du conseil des gouverneurs a exprimé sa préférence pour une issue ouverte", a-t-il martelé.

La BCE souhaite que ses injections massives d'argent marquent le pas alors que la zone euro connaît une embellie économique et que le spectre de la déflation a disparu.

Mais dans le même temps, à l'inverse du tour de vis monétaire déjà engagé aux Etats-Unis, l'institution de Francfort veut montrer qu'elle restera flexible et prête à augmenter ses rachats de dette publique et privée si besoin.

M. Draghi n'a donné aucune indication sur les contours que pourrait prendre le QE après septembre 2018.

Risque politique

Une raison plus technique a pu forcer la BCE à baisser la voilure, car après avoir acheté pour près de 2.300 milliards d'euros d'obligations entre mars 2015 et fin 2017, l'institut risque d'ici quelques mois de ne plus trouver assez de titres à racheter sur le marché.

Entamé en septembre, le débat sur la stratégie de sortie des mesures de crise revêtait un caractère inédit pour la BCE.

La situation politique en zone euro reste tendue, avec la crise en Espagne et des élections à l'issue incertaine en Italie. Une fin trop brutale du soutien à l'économie pourrait faire ressurgir les craintes des investisseurs concernant la dette des pays fragiles.

Le taux de change de l'euro joue aussi un rôle important dans la prudence de la Banque centrale européenne, qui contraste avec le tour de vis monétaire plus précoce et plus ferme de la Réserve fédérale américaine.

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