Bilan

La BCE n'a "pas voulu alimenter d'attentes injustifiées"

L'inflation en zone euro ne décolle pas et beaucoup d'acteurs de marché s'attendent à ce que la BCE en fasse encore plus.

La BCE continue aussi à racheter, pour environ 80 milliards d'euros par mois, de la dette publique et privée sur les marchés, dans l'espoir de faire repartir la croissance et les prix.

Crédits: AFP

La Banque centrale européenne (BCE) avait à coeur de "ne pas alimenter d'attentes injustifiées" sur le marché quant à une nouvelle action monétaire, souligne le compte-rendu publié jeudi de sa réunion de politique monétaire de juillet.

"L'idée était généralement partagée que le conseil des gouverneurs avait besoin de répéter sa capacité et sa volonté à agir, si nécessaire (...) sans alimenter d'attentes injustifiées quant à l'évolution future de sa politique monétaire", explique le compte-rendu de la réunion de ce conseil les 20 et 21 juillet.

Comme largement anticipé, l'institut de Francfort avait alors maintenu inchangés ses taux d'intérêt directeurs. Et son président Mario Draghi avait souligné, comme à chaque fois, "la disponibilité, la volonté et l'aptitude" de l'institution monétaire à agir si nécessaire.

Ses propos étaient très attendus puisqu'il s'agissait de la première réunion de la BCE depuis la décision des électeurs britanniques fin juin de quitter l'Union européenne, qui avait fortement secoué les marchés financiers et fait craindre des repercussions économiques sur la zone euro.

"De nouvelles difficultés avaient émergé avec l'issue du référendum britannique et les incertitudes avaient grimpé (...) Pourtant, il a été considéré qu'il était trop tôt pour évaluer avec certitude les éventuelles implications de ces difficultés (...) l'impression était généralement répandue parmi les membres qu'il était prématuré de discuter à ce stade de toute possible réaction de politique monétaire", souligne également le compte-rendu de la BCE.

L'institut de Francfort a laissé le mois dernier son principal taux directeur à 0%, son plus bas historique, ainsi que son taux de prêt marginal, à 0,25%, et son taux de dépôt, porté en territoire négatif pour la première fois de son histoire en juin 2014, à -0,40%.

La BCE continue aussi à racheter, pour environ 80 milliards d'euros par mois, de la dette publique et privée sur les marchés, dans l'espoir de faire repartir la croissance et les prix.

Mais l'inflation ne décolle pas et beaucoup d'acteurs de marché s'attendent à ce que la BCE en fasse encore plus, en prolongeant dans le temps ses rachats d'actifs et/ou en les gonflant encore.

Le conseil des gouverneurs - les six directeurs de la BCE et les 19 gouverneurs des banques centrales de la zone euro - est néanmoins tombé d'accord sur la nécessité "de continuer à se concentrer sur la mise en oeuvre des mesures" déjà décidées.

La prochaine réunion de politique monétaire de la BCE aura lieu le 8 septembre.

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