Bilan

La BCE a envisagé d'être plus explicite sur la fin de sa politique accommodante

La BCE a envisagé de signaler plus clairement qu'elle se dirigeait progressivement vers la fin de sa politique accommodante, mais a renoncé par "prudence".

Fin juin, Mario Draghi a pu mesurer la nervosité des marchés, qui ont fortement réagi à ses propos tenus au Portugal.

Crédits: AFP

La Banque centrale européenne (BCE) a envisagé de signaler plus clairement qu'elle se dirigeait progressivement vers un resserrement monétaire, mais a renoncé par "prudence", selon le compte-rendu de sa dernière réunion de politique monétaire publié jeudi.

Ces minutes dévoilent que les gouverneurs de banques centrales de la zone euro ont discuté de la pertinence de "revoir le biais accommodant au regard des rachats massif d'actifs" (QE), ce programme exceptionnel de soutien à l'économie, au vu de l'amélioration de la conjoncture.

Néanmoins, la "prudence" leur a dicté de ne rien changer, "alors que la croissance économique doit encore se traduire en une inflation plus dynamique" et conforme à l'objectif à moyen terme de la BCE, soit une inflation proche de 2%.

Lors de la conférence de presse qui avait suivi la réunion délocalisée à Tallinn (Estonie) le 8 juin, Mario Draghi avait expliqué que ces rachats d'actifs avaient une "fonction de réaction" pour lutter contre un coup de froid sur les prix et qu'il convenait en conséquence de conserver la faculté de revoir la durée et/ou la taille de ce programme.

Le conseil des gouverneurs de la BCE a néanmoins décidé en juin de débattre à nouveau de la question de retirer ou non le "biais accommodant" sur le "QE" à l'occasion de ses prochaines réunions, selon le document. "Tant que la croissance se maintient et si la confiance dans les prévisions d'inflation s'améliore à nouveau, le fait de conserver ce biais pourrait être réexaminé", ajoute-t-il.

Durant la réunion de juin, la BCE a en revanche abandonné la possibilité d'abaisser à nouveau ses taux d'intérêt, ceux-ci étant déjà situés à leur plus bas historique.

D'une manière plus globale, les gardiens de l'euro ont prévenu qu'"un changement de communication même limité pourrait être mal interprété et signaler des changements plus fondamentaux du sens de la politique", créant des désordres sur les marchés.

Le compte-rendu la réunion de juin "montre le dilemme actuel pour la BCE: comment indiquer les premiers pas en vue d'une sortie sans brusquer les marchés", commente Carsten Brzeski, économiste chez ING Bank.

Fin juin, Mario Draghi, président de la BCE, a pu mesurer la nervosité des marchés, qui ont fortement réagi à ses propos tenus au Portugal suggérant un recalibrage du dispositif très expansif de la BCE sur fond de croissance économique de plus en plus solide.

Cette semaine, le chef économiste de l'institution, Peter Praet, a voulu calmer les attentes en soulignant que l'inflation restait inférieure à l'objectif recherché. Un autre membre du directoire de la banque centrale, Benoît Coeuré, a affirmé quant à lui qu'aucun changement concernant la politique monétaire n'a encore été examiné.

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