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La Banque mondiale piégée par une banque publique autrichienne

La Banque mondiale compte parmi les créanciers touchés par les dépréciations liées au dépôt de bilan de l'ex-banque publique régionale autrichienne Hypo Group Alpe Adria.

La Banque mondiale, qui ne peut être dépossédée de ses actifs, craint qu'un défaut autrichien ne crée un dangereux précédent.

Crédits: Reuters

La Banque mondiale compte parmi les créanciers touchés par les dépréciations liées au dépôt de bilan de l'ex-banque publique régionale autrichienne Hypo Group Alpe Adria (HGAA), dans laquelle elle avait investi 150 millions d'euros, rapporte vendredi le quotidien autrichien "Standard".

Ce placement avait été effectué par le fonds de pension des personnels de la Banque mondiale dans les années 2000. Grâce à la garantie accordée par la province autrichienne de Carinthie, propriétaire de la banque, il était considéré comme offrant une sécurité maximale.

Mais après le dépôt de bilan de HGAA à la suite de la crise financière de 2008, cette petite province, elle-même fortement endettée, s'est déclarée dans l'incapacité de rembourser les milliards de créances pour lesquelles elle s'était portée caution.

Après avoir arrêté le passif net de Heta le 10 avril, l'Autorité financière autrichienne a décrété que les créances prioritaires ne seraient honorées qu'à 46% et que les créances de second rang ne seraient pas remboursées. Selon le Standard, la Banque mondiale détient ces deux types de créances.

Au total, 6,4 milliards d'euros de créances non honorées sont virtuellement à la charge de la Carinthie, dont les ressources annuelles n'excèdent pas 2,4 milliards. La province de 550.000 habitants, alors dirigée par le populiste Jörg Haider, s'était portée caution pour pas moins de 11 milliards d'euros.

Les grands créanciers, dont le franco-belge Dexia et les allemands Commerzbank, Deutsche Bank et GDV, ont décliné en mars une offre de rachat amiable de cette dette pour un peu moins de 75% de sa valeur, avec en prime une émission préférentielle de bons d'Etat.

Le gouvernement autrichien, qui a déjà injecté 5,5 milliards d'euros dans la banque au fil des ans, a assuré à plusieurs reprises qu'il ne viendrait pas au secours de sa province, quitte à ce que celle-ci dépose son bilan si la justice donnait raison aux créanciers, dont certains ont déjà porté plainte.

La Banque mondiale, qui selon ses statuts ne peut être dépossédée de ses actifs, craint qu'un défaut autrichien ne crée un dangereux précédent, souligne le Standard.

Obligée de servir tous les créanciers de façon équitable, l'Autriche ne peut pas rembourser l'institution à titre dérogatoire, relève le quotidien. Selon "plusieurs sources" proches du gouvernement citées par le journal, Vienne envisagerait d'augmenter sa contribution à la Banque mondiale à titre de dédommagement indirect.

Une rencontre entre le ministre des Finances autrichien, Hans Jörg Schelling, et le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, est prévue vendredi en marge de la réunion de printemps de l'institution qui s'ouvre vendredi à Washington, a indiqué le ministère à Vienne.

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