Bilan

La banque italienne BMPS se remet des tests BCE

La banque italienne Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS), en difficulté suite à son échec aux tests de résistance européens, a vu son titre reprendre quelques couleurs.

BMPS, qui passe pour être le plus vieil établissement bancaire du monde, a échoué aux tests de résistance de la Banque centrale européenne (BCE). Elle doit présenter d'ici au 10 novembre un plan expliquant comment elle peut renforcer son capital à hauteur de 2,1 milliards d'euros.

Crédits: AFP

La banque italienne Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS), en difficulté suite à son échec aux tests de résistance européens, a vu son titre reprendre quelques couleurs lundi à la Bourse de Milan après l'annonce d'une nouvelle augmentation de capital.

Les investisseurs, qui avaient fait dévisser le titre de près de 40% la semaine dernière, ont visiblement repris quelque espoir avec l'annonce dimanche soir que la banque toscane allait présenter mercredi un plan destiné à la sortir de l'ornière.

A 14H35 GMT, le titre gagnait 6,74% à 0,649 euro dans d'intenses volumes d'échanges, après plusieurs suspensions pour excès de volatilité.

BMPS, qui passe pour être le plus vieil établissement bancaire du monde, a échoué aux tests de résistance de la Banque centrale européenne (BCE). Elle doit présenter d'ici au 10 novembre un plan expliquant comment elle peut renforcer son capital à hauteur de 2,1 milliards d'euros.

Après une semaine entière de silence, les dirigeants de la vénérable banque toscane ont indiqué qu'ils se réuniraient mercredi pour décider d'une nouvelle augmentation de capital massive, couvrant "intégralement" le déficit dénoncé par la BCE.

Cette décision, qui devra être approuvée par les actionnaires, a des allures de défi pour une banque qui a déjà levé 5 milliards d'euros sur les marchés en juillet 2014 et vient d'enchaîner plusieurs trimestres de lourdes pertes. La banque, considérée comme historiquement proche du Parti Démocrate actuellement au pouvoir, se relève par ailleurs à peine d'un embarrassant scandale financier dans le cadre duquel son ex-président Giuseppe Mussari et deux autres ancien responsables ont été condamnés la semaine dernière à 3 ans et demi de prison.

 

 - Axa en piste -

L'assureur français Axa, qui détient 3,725% du capital de BMPS, a aussitôt fait savoir qu'il avait "l'intention de souscrire" à l'augmentation de capital. Les autres actionnaires, parmi lesquels figurent les fonds York Capital Management (5,025%) et Fintecg (4,5%), la banque UBS (3,42%) et la Fondation MPS (2,5%), ne se sont pas prononcés publiquement. Selon l'agence Ansa, un consortium de garantie rassemblant plusieurs banques serait déjà à l'état d'ébauche.

Outre l'augmentation de capital, BMPS a indiqué prévoir des cessions d'actifs financiers. En revanche, elle semble exclure pour le moment l'hypothèse d'un report du remboursement des "Monti bonds", un prêt accordé par les pouvoirs publics, dont elle devait acquitter la dernière tranche de 1 milliard d'euros en 2015 et 2016.

Elle ne prévoit d'ailleurs aucune autre hypothèse "qui verrait le ministère de l'Economie et des Finances intervenir sous forme de nouvelles aides d'Etat, comme l'a plusieurs fois indiqué le ministère lui-même", souligne-t-elle.

Pour le vice-ministre de l'Economie Enrico Morando, "les décisions reviennent aux organismes qui dirigent la banque. Le gouvernement appelle de ses voeux une bonne tenue du système bancaire italien dans son ensemble. Il est évident qu'il suit avec attention le dossier BMPS, mais n'entend pas mener d'initiative autonome".

Sondés la semaine dernière par la Banque d'Italie au sujet d'un éventuel sauvetage de BMPS, les dirigeants des deux principales banques italiennes UniCredit et Intesa Sanpaolo, avaient opposé un refus poli.

"Dans cette partie, nous sommes spectateurs et non acteurs", a répété au journal La Repubblica de lundi l'administreur délégué d'UniCredit Federico Ghizzoni. "La banque (BMPS) est en train de mener un plan de restructuration qui a donné des résultats importants, donc toutes les conditions sont réunies pour une solution appropriée".

Banca Carige, autre mauvaise élève aux tests de la BCE et qui doit renforcer son capital à hauteur de 814 millions d'euros, a elle aussi vu son titre rebondir de plus de 7% lundi. Selon des rumeurs de presse, l'homme d'affaires Andrea Bonomi envisagerait de participer à une augmentation de capital d'un demi-milliard d'euros.

Danièle Nouy, qui a orchestré les tests de résistance de la BCE, a déclaré lundi devant le Parlement européen s'attendre à ce que que les banques ayant besoin de lever du capital le fassent via "des capitaux privés". "Je suis assez confiante que les banques pourront couvrir leurs besoins via des mesures internes", a-t-elle dit.

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