Bilan

La Banque Hinduja aime toujours Genève

L’établissement à l’actionnariat indien développe en Suisse le trade finance et le conseil aux entreprises.

Hinduja Banque (Suisse), qui appartient à 100% à la famille indienne du même nom, a rénové depuis 2009 sa stratégie sur le marché suisse et international. Sous la direction de Charles de Boissezon, elle mise sur la gestion de fortune pour les clients des pays émergents et sur le financement du négoce international de matières premières, ou «trade finance». «Dans le domaine du négoce, nous avons connu un énorme succès, cette activité rapportant 60% de nos profits», explique Charles de Boissezon. La banque se positionne au carrefour du négoce international entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Inde. Dans le domaine de la gestion de fortune, les effectifs ont été renforcés à Genève, Zurich et Dubaï, et la banque a créé un desk dédié aux clients indiens non résidents. «Chaque Indien peut sortir 200 000 dollars par année seulement. C’est peu, mais c’est déjà très attrayant, estime Charles de Boissezon. Et beaucoup d’entrepreneurs, clients de la gestion de fortune, sont aussi clients du trade finance.» Autre domaine de développement: le conseil aux entreprises. «Nous développons le corporate advisory à destination d’Indiens qui cherchent à investir hors de l’Inde, ou de groupes étrangers qui cherchent à investir en Inde», souligne le CEO de la banque.

Trente ans de présence

Active à Genève depuis 1994, la Banque Hinduja, ex-Banque Amas (Suisse), gère en Suisse 3 milliards d’avoirs de clientèle, pour l’heure essentiellement européenne. Elle se développe rapidement à Dubaï, mais elle dit croire plus que jamais au potentiel de Genève, qui «offre des opportunités pour des Indiens recherchant un centre financier stable». Présente en Suisse depuis plus de trente ans, la famille Hinduja elle-même coordonne depuis Genève les activités financières du Groupe Hinduja, basé à Londres. La famille, qui a fondé le conglomérat indien en 1914, a amassé une fortune estimée par Bilan entre 2 et 3 milliards de francs dans la banque d’affaires et le commerce international. 

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

Myret Zaki est journaliste indépendante, spécialisée en économie et finance, et conseillère pour influenceurs et leaders d’opinion. Entre 2010 et 2019, elle a travaillé au magazine Bilan, assumant la rédaction en chef à partir de 2014. Elle avait auparavant travaillé au Temps de 2001 à 2009, dirigeant les pages financières du journal. Ses débuts, elle les avait faits à la banque genevoise Lombard Odier dès 1997, où elle a appris les fondements de l'analyse boursière. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage d'investigation, "UBS, les dessous d'un scandale". Elle obtient le prix Schweizer Journalist 2008. En 2010, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle prédit que la fin du secret bancaire profitera à d'autres centres financiers. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin du billet vert comme monnaie de réserve, puis «La finance de l'ombre a pris le contrôle» en 2016.

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