Bilan

La banque centrale chinoise et le secteur financier sous enquête anticorruption

L'autorité chinoise chargée de la lutte anticorruption va étendre ses enquêtes aux principales institutions financières du pays, dont la banque centrale.

Une nouvelle salve d'inspections viseront prochainement la Banque populaire de Chine (PBOC, banque centrale), la Commission chinoise de régulation du secteur bancaire (CBRC), l'instance de supervision des assureurs ou encore le régulateur des marchés financiers (CSRC), selon une longue liste postée en ligne vendredi soir.

Crédits: AFP

L'autorité chinoise chargée de la lutte anticorruption va étendre ses enquêtes aux principales institutions financières du pays, dont la banque centrale et les autorités de régulation, a-t-elle annoncé, des organismes déjà sous forte pression après une spectaculaire débâcle des Bourses locales.

Après une série d'investigations au sein de grands groupes étatiques --en particulier dans le secteur pétrolier--, la puissante Commission d'inspection disciplinaire (CCDI), le gendarme du Parti communiste chinois, entend désormais se pencher sur le secteur financier.

Une nouvelle salve d'inspections viseront prochainement la Banque populaire de Chine (PBOC, banque centrale), la Commission chinoise de régulation du secteur bancaire (CBRC), l'instance de supervision des assureurs ou encore le régulateur des marchés financiers (CSRC), selon une longue liste postée en ligne vendredi soir.

Seront également ciblés le China Investment Corp. (CIC) --le fonds souverain de la deuxième économie mondiale--, les banques commerciales sous contrôle étatique ICBC et Bank of China, ainsi que les principales compagnies d'assurance du pays.

Enfin, le gendarme anticorruption se penchera sur le cas des opérateurs boursiers de Shanghai et de Shenzhen, et sur la maison-mère de Citic Securities, une importante firme de courtage.

Les Bourses de Shanghai et Shenzhen, après s'être envolées de 150% en un an, se sont effondrées de façon spectaculaire à partir de juin, dégringolant de presque 40% en dépit de vigoureuses mesures de soutien adoptées par le gouvernement, dont des achats massifs d'actions par des organismes publics.

Ces interventions forcenées et maladroites de l'Etat avaient fait l'objet de vives critiques, nombre d'experts s'interrogeant sur l'apparente contradiction avec les ambitions de Pékin d'accorder un rôle accru aux marchés et au secteur privé.

Et l'impuissance du gouvernement à stabiliser les Bourses avait renforcé les doutes grandissants sur l'efficacité de sa politique économique, alors que la croissance chinoise connaît un violent ralentissement.

Les autorités chinoises avaient également réagi à la débâcle boursière persistante en lançant tous azimuts des enquêtes policières très médiatisées sur des transactions supposément illégales... avec l'espoir de rassurer ainsi une opinion publique désemparée.

Un cadre de la CSRC et quatre responsables de Citic Securities (la plus grosse maison de courtage du pays en actifs) avaient été arrêtés fin août pour "des infractions liées aux marchés boursiers".

Et l'agence de presse officielle Chine nouvelle avait rapporté mi-septembre que la police menait des enquêtes sur d'autres hauts dirigeants de Citic Securities, sur des soupçons de délits d'initiés et de fuite d'informations sensibles.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."