Bilan

La Banque cantonale neuchâteloise fait l'objet d'une plainte aux Etats-Unis

Une firme américaine estime que la Banque cantonale neuchâteloise (BCN) a nui à son image et lui a fait perdre des contrats. Elle réclame plus de 200 millions de dollars de dommages-intérêts.

La BCN estime "avoir agi avec la diligence requise et conformément au droit suisse dans cette affaire", a-t-elle indiqué à l'ats.

Crédits: Keystone

La Banque cantonale neuchâteloise (BCN) fait l'objet d'une plainte aux Etats-Unis. Une firme américaine estime qu'elle a nui à son image et lui a fait perdre des contrats. Elle réclame plus de 200 millions de dollars de dommages-intérêts et 500 millions de dommages-intérêts punitifs.

Début mars, deux employés de la BCN alertent les autorités suisses. Ils disent suspecter de fraude leur cliente Swiss Water Tech, bras helvétique de la société floridienne Eurosport Active World Corporation, comme l'a révélé "L'Hebdo" jeudi.

Le Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent délègue le dossier au Ministère public neuchâtelois. Le 25 mars au petit matin, des policiers débarquent au domicile neuchâtelois du couple d'associés qui dirigent ces sociétés.

Ils les ont interrogés pendant plus de dix heures, selon la plainte déposée auprès d'un tribunal de Miami, document que l'ats s'est procuré. Après la perquisition, le Ministère public a enquêté auprès des investisseurs de Eurosport Active World Corporation.

"COMME UNE TRAÎNÉE DE POUDRE"

Du coup, les soupçons se sont répandus "comme une traînée de poudre" et ont porté atteinte à la réputation de la société, déplore cette dernière. Des investisseurs ont voulu retirer leurs billes et des clients ont annulé des contrats.

En particulier, l'entreprise active dans la purification d'eau a vu s'échapper un contrat à plus de 200 millions de dollars au Nigeria avec le groupe Action Cement International. Elle affirme avoir aussi loupé un projet pilote à 5 millions de dollars en ville de Neuchâtel.

Tout cela pour une enquête qui a fini en queue de poisson: la procédure neuchâteloise est close et aucune plainte n'est retenue. La société estime que ses dénonciateurs ont intentionnellement interféré dans ses relations d'affaires par de fausses déclarations, des omissions intentionnelles et des déformations trompeuses.

La BCN relève de son côté que "n'importe qui peut introduire une action en justice pour n'importe quel motif. Ensuite c'est au tribunal de décider si la plainte est recevable ou non". Elle estime pour sa part "avoir agi avec la diligence requise et conformément au droit suisse dans cette affaire", a-t-elle indiqué à l'ats.

De fait, sur sol helvétique, les banques bénéficient de l'immunité lorsqu'elles dénoncent des situations suspectes. Cela évite d'éventuelles représailles.

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