Bilan

La retraite partielle influence le 2e pilier

Réduire son temps de travail quelques années avant la retraite est une solution séduisante pour l’employé et pour l’entreprise. Mais elle impacte la future rente de retraite.

En fin de carrière, réduire son temps de travail est une solution moins drastique qu’une retraite anticipée.

Crédits: Maskot/getty images

Lorsque l’on arrive en fin de carrière, la retraite partielle peut s’avérer très intéressante pour l’employé à plusieurs titres: réduire sa charge de travail si son énergie commence à décliner, profiter davantage de son temps libre, se préparer à son futur rythme de vie et continuer à cotiser pour sa retraite, réduisant ainsi l’impact qu’aurait une retraite anticipée complète. L’employeur y trouvera souvent aussi son compte: tout en bénéficiant de l’expérience et de la motivation de son employé, il pourra plus facilement aménager une période de transition pour assurer sa succession lors de la retraite complète et enfin ses charges salariales seront adaptées.

Mais quel est l’impact sur les revenus de l’employé et qu’advient-il de sa pension de retraite? Schématiquement, trois cas de figure sont possibles. Nous supposons pour l’exemple que l’employé réduit son taux d’activité de 100% pour passer à 60% deux ans avant la retraite.

Dans le cas le plus standard, l’employé va continuer de cotiser à l’AVS et à sa caisse de pension sur la base d’un salaire réduit, mais sans anticiper le versement de ses rentes. Il poursuit ainsi la constitution de sa prévoyance, à un rythme légèrement réduit. Mais son capital va continuer de porter intégralement intérêt, et il ne subit pas de pénalisation au niveau du taux de conversion. Sa rente de retraite, quand il cessera complètement son activité, ne sera que légèrement réduite, en comparaison à une poursuite d’activité à 100%. En revanche, il doit trouver le moyen de combler la perte de 40% de son salaire pendant deux ans, par exemple avec des économies et/ou en adaptant son train de vie. S’il a cotisé auparavant dans un pilier 3a, c’est typiquement un cas de figure où son versement anticipé est utile. D’autre part, comme le salaire diminue temporairement, les impôts vont aussi baisser, et donc la différence à combler au niveau du budget est heureusement moindre…

Compenser la baisse de 40%?

Dans le cas le plus favorable, s’il dispose de suffisamment de moyens financiers, l’employé peut demander de maintenir son salaire assuré à 100% dans sa caisse de pension, solution que grand nombre d’entre elles proposent. En effet, toutes les institutions de prévoyance ont la possibilité, en vertu de l’article 33a LPP, de permettre de maintenir la prévoyance au niveau du dernier gain assuré en cas de retraite partielle à partir de l’âge de 58 ans. Dans ce cas, l’employé devra non seulement s’acquitter de ses propres cotisations, mais il devra également payer la part de l’employeur sur 40% de son salaire. Cette solution est onéreuse, mais elle permet de maintenir inchangée la rente de retraite du 2e pilier, tout en déduisant de sa déclaration d’impôt l’intégralité des cotisations calculées sur les 40% du salaire non perçu.

Dans le cas le moins favorable, si l’assuré ne dispose pas de moyens suffisants pour compenser la baisse de 40% de son salaire, il devra envisager de demander le versement anticipé d’une partie de la rente de retraite de sa caisse de pension. Cette possibilité est souvent disponible, mais attention, la rente sera alors sensiblement réduite, car le capital correspondant est «entamé» deux ans plus tôt! Il y aura donc une pénalité d’intérêt et de taux de conversion, et pas uniquement une diminution des cotisations. Avant de prendre une telle décision, il est donc prudent de demander à la caisse de pension une simulation de la rente qui sera versée au moment de la retraite complète, et vérifier si elle sera suffisante pour maintenir un revenu adéquat avec la rente AVS.

On le voit, une retraite partielle est séduisante, mais nécessite une planification rigoureuse. Elle exige une discussion claire avec l’employeur, pour voir si sa réalisation est possible du point de vue de l’organisation du travail. Sans oublier des calculs au niveau de la caisse de pension et de l’AVS pour connaître l’impact financier d’une telle décision et choisir ainsi la meilleure option.

* GiTeC Prévoyance SA

Giovanni Zucchinetti*

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