Bilan

La hausse des taux réels aux Etats-Unis, source de la volatilité des marchés

Les places boursières sont actuellement nerveuses: les grandes corrections ayant été généralement précédées de taux réels américains restrictifs, est-ce le début d’une correction majeure?

Les taux d’intérêt réels américains s’approchent du taux de croissance potentielle

Analyse  Pour éviter la surchauffe et une résurgence de l’inflation, la Réserve fédérale américaine a relevé les taux réels par trois fois cette année. Les taux réels? Il s’agit des taux d’intérêt ajustés de l’inflation américaine qui déterminent le vrai loyer de l’argent. En octobre, ils ont passé la barre du 1% sur les maturités 2 ans ou 10 ans (voir graphique). Cette dernière hausse a été suivie par un décrochage spectaculaire des places boursières. Depuis le milieu des années 1980, les grandes corrections boursières ont toutes été précédées de taux réels américains ayant atteint des niveaux trop élevés que l’on pourrait qualifier de restrictifs. Serait-ce le début d’une telle correction? 
Pas encore, selon nous.

Pour déterminer un niveau de taux d’intérêt devenu restrictif, il faut comparer ce taux, qui est un coût, à la capacité de gain d’une économie, sa croissance potentielle, par exemple. Lorsque les gains économiques excèdent les coûts, les problèmes sont relégués à plus tard. Mais lorsque les coûts commencent à excéder les gains, la pression monte (voir graphique).

Aujourd’hui, la croissance potentielle à long terme aux Etats-Unis –  la capacité de gain de l’économie – est évaluée autour du 1,5%. Les taux réels s’en rapprochent, mais à 1%, ils ne semblent pas suffisamment prohibitifs pour initier une grande correction (voir graphique). En revanche, le marché doit s’ajuster à cette nouvelle réalité, celle d’un coût en capital qui grimpe, lentement mais sûrement, d’où la volatilité actuelle du marché boursier.

Par contre, une situation avec des taux réels américains de 0,5 à 1% au-dessus des niveaux actuels mettrait certainement en danger l’expansion économique et boursière en cours. Nous n’y sommes pas encore, et la Réserve fédérale n’a aucune raison de dévier de son rythme trimestriel de hausse des taux: l’économie américaine, stimulée par les baisses d’impôt, connaît le plein-emploi et son inflation est maîtrisée. La poursuite probable des hausses des taux devrait donc augmenter la pression sur le coût du capital en dollar.

Si la phase avancée du cycle d’expansion peut offrir des mois, voire des années de rendements positifs, elle présente de nouveaux défis et exige une gestion prudente des risques, et en particulier du risque de liquidité. Dès lors, une réduction de l’exposition aux actifs susceptibles de souffrir de manque de liquidité dans le cas d’un ralentissement est de mise, tels les actifs émergents (actions et dette libellées en devise locale et forte), les obligations convertibles et les titres à haut rendement. A notre avis, les rebonds boursiers en fin de cycle doivent être vus comme une opportunité de réduire graduellement les positions plutôt que comme une opportunité d’achat.

Samy Chaar

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