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La fin de la période de grâce des petites et moyennes valeurs suisses?

Même si le marché helvétique a bénéficié de sa structure fortement concentrée en valeurs défensives, l’indice SPI Extra a cédé près de 14% entre le 3 octobre et début décembre. Il peine à rebondir depuis. Par Arnaud Girardin, responsable de la recherche actions chez Lombard Odier Banque Privée

Actions Les marchés financiers n’apprécient pas les incertitudes, qui se traduisent généralement par une hausse de la volatilité. La fin de l’année 2018 en est une parfaite et douloureuse illustration: entre le résultat des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, le sprint final sur les négociations du Brexit, les tensions sino-américaines sur les tarifs douaniers, la recrudescence des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la remontée des taux réels américains, le rejet par la Commission européenne du projet de budget 2019 soumis par la coalition populiste au pouvoir en Italie, la forte chute des prix du brut ou encore la perspective de la fin du cycle économique américain, chacun y a trouvé son lot de craintes et de mauvaises nouvelles. 

Entre le début de la correction le 3 octobre dernier et leur point bas de novembre, les marchés américain (S&P 500) et européen (Stoxx 600) ont perdu respectivement 10 et 8,5% contre «seulement» 6,4% pour l’indice suisse du SPI (-5,8% pour l’indice concentré du SMI). L’explication est simple. Au-delà de l’avance considérable du marché américain en amont de la correction, le marché suisse, même s’il n’est pas immunisé contre les incertitudes énumérées plus haut, a bénéficié de sa structure fortement concentrée en valeurs défensives. Novartis, Roche et Nestlé (près de 58% du SMI) sont en hausse entre 3 et 6% depuis le 3 octobre. 

Il n’en va pas de même pour l’indice SPI Extra (qui regroupe les valeurs suisses en dehors du SMI). Celui-ci a cédé près de 14% depuis le 3 octobre et peine à rebondir depuis. Pourquoi les investisseurs ont-ils délaissé les petites et moyennes valeurs (on constate le même phénomène en Europe et aux Etats-Unis)? A cause de leur liquidité plus faible, en raison de niveaux de valorisation élevés à la suite de la forte expansion des multiples observée ces trois dernières années, mais surtout parce que la performance spectaculaire de ces dernières années (surperformance du SPI Extra par rapport au SMI de plus de 60% depuis la fin 2012) justifie ces prises de profit. 

L’accumulation de mauvaises nouvelles sur les secteurs cycliques comme l’automobile ou les semi-conducteurs, auxquels les petites et moyennes valeurs suisses sont fortement exposées, ainsi que les incertitudes sur l’économie chinoise, qui impactent plus particulièrement les valeurs industrielles (elles représentent 25% du SPI Extra contre seulement 8% du SMI), expliquent aussi cette sous-performance du SPI Extra. Pour autant, si nous pensons que l’économie mondiale ralentira en 2019, nous ne tablons pas sur une récession. Les incertitudes resteront élevées et il est probable que le régime de volatilité élevé persistera en 2019. Dans ce contexte, nous nous positionnerions sur le marché suisse en favorisant à la fois les valeurs défensives du SMI et en sélectionnant, au sein du SPI Extra, celles offrant un bilan sain et une bonne visibilité de la croissance de leurs résultats ainsi que les titres plus exposés au marché domestique, mieux protégés des tensions sur les tarifs douaniers. 

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