Bilan

L'Italie, grande recalée de l'examen des banques de la BCE

Les banques italiennes étaient pratiquement les seules victimes boursières lundi des résultats sans grande surprise des tests de résistances européens de la BCE.

L'Italie apparaît comme la mauvaise élève, tandis que les banques françaises apparaissent particulièrement solides. La bonne surprise vient également du système bancaire espagnol, dont l'état de santé est considéré comme étant le meilleur en Europe.

Crédits: AFP

Les banques italiennes étaient pratiquement les seules victimes boursières lundi des résultats sans grande surprise des tests de résistances européens de la BCE, les marchés restant sereins après ce gigantesque contrôle technique important pour tenter de restaurer la confiance dans la zone.

Selon les résultats dévoilés dimanche par la Banque centrale européenne (BCE), 25 banques issues de onze pays de la zone euro ont été recalées, sur les 130 testées, avec un déficit en fonds propres se montant à quelque 25 milliards d'euros à la date du 31 décembre 2013.

L'institution monétaire a notamment épinglé 9 banques italiennes, 3 grecques, 3 chypriotes, une allemande et une française, mais aucune d'entre elles ne représentent une menace pour l'ensemble du secteur de par sa taille.

Les investisseurs se montraient peu surpris et prenaient même quelques bénéfices sur des valeurs, alors que l'indice Stoxx des banques européennes perdait 0,64% vers 10H30.

Mais les banques qui ont échoué se faisaient tout de même sanctionner en Bourse, notamment en Italie.

La banque italienne Monte dei Paschi, troisième groupe bancaire du pays qui totalise à lui seul un déficit de fonds propres de 2,11 milliards, dégringolait de 17,55%. Banca Carige chutait quant à elle de 15,68%.

Au Portugal, la BCP, première banque privée du pays et seule des trois banques portugaises à échouer aux tests de résistance, chutait de 3,09%.

En Grèce, sur quatre établissements évalués, trois ont échoué aux tests à fin décembre 2013, dont Eurobank (+3,73%), qui doit encore améliorer ses fonds propres, ainsi que Banque nationale de Grèce (-0,87%).

En France, les grandes banques ont passé sans encombres les tests et perdaient du terrain en raison de prises de bénéfices après des hausses sensibles ces derniers jours, à l'image de BNP Paribas (-1,02%), Crédit Agricole (-1,88%) et Société Générale (-2,06%).

De même, en Espagne, où toutes les banques ont réussi l'examen, la plupart des valeurs financières reculaient, comme Santander(-0,97%) ou Bankia (-1,30%).

Parmi les banques en Allemagne, où un seul établissement a échoué, Commerzbank prenait 3,01% et Deutsche Bank 0,60%.

"Anticipé"

"Le marché avait anticipé un résultat de cette nature", à savoir sans énorme surprise, puisque les valeurs financières avaient nettement progressé la semaine dernière, faisant mieux que leurs indices respectifs, souligne Chris Weston, analyste chez IG.

"L'Italie apparaît comme la mauvaise élève, tandis que les banques françaises apparaissent particulièrement solides. La bonne surprise vient également du système bancaire espagnol, dont l'état de santé est considéré comme étant le meilleur en Europe", résument les stratégistes chez Crédit Mutuel-CIC.

Il reste que l'échec de certaines banques est relatif puisque 12 parmi les 25 ont pris entretemps des mesures pour y remédier, en levant environ 15 milliards d'euros sur les marchés.

L'ensemble des analystes étaient ainsi d'accord pour dire que ces tests sont globalement rassurants pour les marchés et pour la BCE qui s'apprête à prendre sous son aile la supervision unique européenne.

"L'union bancaire en Europe démarre sur une note encourageante", écrit dans une note Nicolas Véron, économiste au centre de recherche Bruegel.

Cet examen de la BCE a donc de quoi rassurer dans l'ensemble sur la capacité des banques européennes à amortir les chocs à l'avenir.

"La revue du secteur bancaire a été rigoureuse" et "si l'économie américaine devrait se détériorer significativement, nous savons qu'elles (les banques, ndlr) devraient faire face à un événement systémique", souligne M. Weston.

Reste toutefois à relancer le crédit en zone euro, ce que tente de faire la Banque centrale européenne (BCE) via ses programmes de rachats d'actifs de titres adossés à des créances.

"Le problème de la demande de crédit est central" et "c'est quelque chose que les banques centrales et les gouvernements ont besoin de promouvoir", selon l'analyste chez IG.

Néanmoins, pour Crédit Mutuel-CIC, au moment où les craintes sont vives quant à l'activité sur le vieux continent, l'exercice de la BCE devrait permettre "de dynamiser quelque peu le crédit en zone euro, ce qui constituera un facteur de soutien à la croissance européenne dans les années à venir".

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