Bilan

L'ex-PDG de BES nie avoir voulu maquiller les comptes

Ricardo Salgado, ancien CEO de Banco Espirito Santo, a affirmé devant une commission d'enquête n'avoir "jamais donné d'instructions, à personne, pour occulter le passif du groupe".

L'ancien comptable de la holding Espirito Santo International avait accusé publiquement Ricardo Salgado d'avoir été au courant de manipulations pour réévaluer des actifs financier, avant de se rétracter.

Crédits: DR

L'ancien PDG de la banque portugaise Espirito Santo, Ricardo Salgado, a nié mardi "avoir donné des instructions" pour maquiller les comptes du groupe, dont la chute a ébranlé le système financier portugais.

"Je n'ai jamais donné d'instructions, à personne, pour occulter le passif du groupe", a affirmé M. Salgado devant une commission d'enquête du Parlement, alors que des irrégularités comptables découvertes en mai dans la holding de tête Espirito Santo International (ESI) avaient plongé le groupe dans la tourmente.

"Personne dans l'équipe de gestion de BES ou dans la famille ne s'est approprié le moindre centime", a assuré le doyen du clan Espirito Santo, 70 ans, qui a dirigé la banque pendant 22 ans avant d'en être écarté le 20 juin.

"Moi et ma famille avons été jugés sur la place publique depuis des semaines et des mois", s'est-il insurgé, ajoutant qu'il était possible "d'effacer le nom Espirito Santo sur les façades de la banque, mais on ne peut pas effacer le nom d'une famille qui a servi le Portugal depuis 145 ans".

La holding ESI, entre-temps placée en faillite par la justice luxembourgeoise, est soupçonnée d'avoir passé sous silence une perte de 1,3 milliard d'euros pour épargner Banco Espirito Santo.

L'ancien comptable de la holding, Francisco Machado da Cruz, avait accusé publiquement Ricardo Salgado d'avoir été au courant de ces manipulations, avant de se rétracter. Pour cacher ces pertes, plusieurs dirigeants d'ESI avaient, selon lui, réévalué des actifs financiers.

La Banque centrale du Portugal avait dû agir en coulisse pour éviter une propagation des ennuis financiers du groupe à l'ensemble du secteur bancaire du pays, encore fragilisé par la crise financière.

Après l'annonce de pertes record, la Banque du Portugal est finalement intervenue le 3 août et a scindé BES en deux. Ses actifs sains ont été regroupés dans une nouvelle banque baptisée Novo Banco, qui a bénéficié d'une injection de capital de 4,9 milliards d'euros financée à hauteur de 3,9 milliards par un prêt de l'Etat.

L'ex-patron de BES, qui s'exprimait pour la première fois depuis le sauvetage de la banque, a pointé du doigt la Banque du Portugal, qui avait "depuis 2009 une équipe au sein de Banco Espirito Santo" et n'avait "jamais remis en question sa gestion".

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