Bilan

L'ex-banquier UBS Hansruedi Schumacher échapperait à la prison ferme

L’ancien banquier de l’UBS Hansruedi Schumacher, témoin phare de l’accusation lors du procès de Raoul Weil l’année dernière, devrait échapper à la prison ferme. La justice américaine a requis cinq ans de prison avec sursis contre lui.

Hansruedi Schumacher (à droite) avec son avocat Peter Raben au tribunal de Fort Lauderdale (Floride) en octobre 2014 lors du procès Raoul Weil.

Crédits: Image: Jean-Cosme Delaloye

Hansruedi Schumacher, l’ancien cadre d’UBS qui avait témoigné l’année dernière dans le procès de Raoul Weil à Fort Lauderdale en Floride, devrait échapper à la prison ferme. Dans une motion déposée lundi, le gouvernement américain a recommandé que le banquier helvétique soit condamné à cinq ans de prison avec sursis et à une amende de 150'000 dollars.

Cette peine, si elle est acceptée le mois prochain par le juge fédéral Daniel Hurley en Floride, serait comparable à celles des autres anciens conseillers financiers d’UBS qui ont déjà plaidé coupable dans l’affaire d’évasion fiscale qui avait frappé la première banque helvétique. Renzo Gadola, un ancien collègue d’Hansruedi Schumacher, avait été condamné  en 2011 à cinq ans de prison avec sursis et à une amende de 7500 dollars. L’année dernière, Martin Lack avait été condamné la même peine. Ces deux hommes ont un point commun avec Hansruedi Schumacher: ils ont le même avocat.

Dans sa motion, le procureur fédéral Mark Daly souligne la coopération de Schumacher dans le procès contre Raoul Weil l’année dernière malgré «le grand danger» auquel il était confronté en témoignant. «La loi suisse sur le secret bancaire criminalise la dissémination d’informations sur les comptes bancaires», écrit Mark Daly. «La perspective de poursuites en Suisse n’est pas hypothétique». Le procureur justifie sa position en rappelant que Renzo Gadola qui avait aussi été témoin dans le procès de Raoul Weil, avait fait l’objet «d’interrogatoires, de confiscation de ses biens, d’une fouille de son domicile et finalement de poursuites pour espionnage économique».

94 noms livrés à la justice américaine

Hansruedi Schumacher avait passé trois jours inconfortables en octobre de l’année dernière dans le box des témoins du procès de son ancien patron, Raoul Weil, que le gouvernement américain avait fini par perdre. Après s’être rendu aux autorités et avoir plaidé coupable dans le cadre d’un complot pour favoriser l’évasion fiscale, Schumacher avait décrit les pratiques de sa division gérant les comptes des clients américains à l’UBS. Et comme le réaffirme Mark Daly, il n’avait reçu aucune garantie pour son témoignage de la part des autorités américaines.

Le procureur souligne en outre que l’ancien cadre de l’UBS lui a livré les noms de 44 conseillers financiers helvétiques, 9 fiduciaires et 41 contribuables américains pratiquant de l’évasion fiscale. Toujours selon le procureur Mark Daly, Hansruedi Schumacher a aussi encouragé ses anciens collègues à la Neue Zürcher Bank, Andreas Bachmann et Georg Marti, à coopérer avec les autorités américaines.

Jean-Cosme Delaloye

Aucun titre

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."