Bilan

L'environnement est actuellement favorable aux introductions en Bourse

Le nombre d'introductions en Bourse n'a jamais été aussi élevé depuis 2007. L'attractivité du marché vient notamment de la politique monétaire expansive des banques centrales.

Pour une cotation à la Bourse suisse, une entreprise a besoin d'un capital d'au moins 2,5 millions de francs.

Crédits: Keystone

L'environnement est actuellement favorable aux introductions en Bourse (IPO). Leur nombre n'a jamais été aussi élevé depuis 2007. L'opération reste cependant une étape importante pour les entreprises et requiert une planification minutieuse.

L'attractivité du marché vient de la politique monétaire expansive des banques centrales, de la reprise conjoncturelle, d'une hausse des bénéfices des entreprises et d'une valorisation élevée des actions, explique à l'ats Jens Haas, responsable de l'Investment Banking en Suisse de Credit Suisse.

Les taux d'intérêts bas poussent les investisseurs à se tourner vers des placements plus risqués, poursuit Hanspeter Gehrer, responsable à la Banque Vontobel. Ils recherchent aussi des investissements avec des rendements en dividende attractifs et des titres en forte croissance, ajoute Andreas Neumann, expert à la Banque cantonale de Zurich.

Les motivations des entreprises pour entrer en Bourse sont quant à elles variées. Il peut s'agir d'un besoin de capital pour soutenir des velléités d'expansion, d'une volonté d'élargir la notoriété de la société ou d'un problème de succession. La plupart du temps, c'est un mélange de divers facteurs qui conduit à l'entrée en Bourse, lit-on dans le guide des IPO en Suisse publié par SIX Swiss Exchange.

Conditions à remplir

Pour une cotation à la Bourse suisse, une entreprise a besoin d'un capital d'au moins 2,5 millions de francs ainsi que d'un free float (flottant) - soit la part des actions d'une entreprise qui n'est pas détenue en mains fermes - d'au moins 20%, ce qui doit représenter une capitalisation d'au moins 25 millions de francs le premier jour de négoce, explique le guide publié par SIX.

Les raisons de l'IPO doivent être justifiées et la société doit clairement indiquer ce pour quoi elle a l'intention d'utiliser les fonds qu'elle va en retirer. De préférence, il faut que la plus grande partie de ces fonds soit destinée à renflouer les caisses de l'entreprise et non au profit des actionnaires qui vendent leurs actions, note Andreas Neumann.

Il est aussi essentiel que les attentes soient raisonnables et que la transaction fasse l'objet d'une planification minutieuse, prévient de son côté Hanspeter Gehrer.

Quatre à six mois de préparation

De l'annonce de l'IPO au premier jour de négoce, il se passe en général de quatre à six mois. La date idéale pour une introduction en Bourse se situe après la publication des résultats de l'entreprise, soit de mars à mai ou de septembre à novembre.

Vingt jours avant le début de la période de constitution du livre d'ordres, dite de bookbuilding, un prospectus de cotation doit être apporté à SIX. Celui-ci comprend les comptes financiers des trois dernières années ainsi que des données sur l'entreprise, sur sa stratégie et ses intentions par rapport à l'IPO.

Lorsque la demande en actions excède l'offre, l'option de surrallocation (green shoe) est activée. L'opération permet de mettre en circulation des actions supplémentaires aux conditions initiales.

L'entrée en Bourse change aussi les habitudes des entreprises. Elle les oblige à annoncer toutes adaptations et les nouveautés pouvant influencer le cours de leur action ainsi qu'à publier les rapports annuels et semestriels.

Premier semestre fécond

Le premier semestre 2017 a été riche en IPO dans le monde. Deux des plus importantes d'Europe ont eu lieu en Suisse, selon une étude de EY publiée à fin juin. Galenica Santé a constitué la plus grande opération en termes de volume et Idorsia, société regroupant les activités de recherche et développement du groupe pharmaceutique bâlois Actelion désormais filiale du géant américain de la santé Johnson & Johnson, la troisième.

Le deuxième semestre devrait lui aussi être prometteur pour la Bourse suisse. Jeudi a été le premier jour de cotation du grossiste et pharmacien en ligne thurgovien Zur Rose. Et lundi dernier, Landis+Gyr a annoncé son IPO pour le troisième trimestre.

Le marché helvétique se caractérise par une offre limitée et peu de nouvelles émissions, remarque Jens Haas. La Suisse n'est pas un pays classique dans ce domaine, car elle compte de nombreuses entreprises familiales et des facilités de financement des banques.

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