Bilan

L'entrepreneur social, héros des dons modernes

Rolex soutient depuis quarante ans des personnes engagées qui innovent et «contribuent à la connaissance ou au bien-être de l’humanité».
  • Lauréat d’un Prix Rolex, Oscar Eponimo combat la faim par la technologie.

    Crédits: Tomas Bertelsen
  • Rebecca Irvin, responsable du Rolex Institute.

    Crédits: Nick Harvey/rolex
  • Parmi les lauréats: Conor Walsh (aide à la marche pour les victimes d’AVC)...

    Crédits: Fred Merz
  • ...Vreni Häussermann (protection de la biodiversité)...

     

    Crédits: Günter Försterra
  • ... et Kerstin Forsberg (défense des raies mantas géantes).

    Crédits: François Schaer/Rolex

Les Rolex Awards, qui fêtent leurs 40 ans cette année, ont été une initiative pionnière. Lancé en 1976, le prix perdure et a toujours le même succès. «L’idée, explique Rebecca Irvin, responsable du Rolex Institute chargé des activités philanthropiques du groupe, était d’aider des innovateurs et des pionniers, qui n’étaient pas forcément soutenus par les sphères académiques et scientifiques classiques. De donner leur chance à des scientifiques et des autodidactes sortant des sentiers battus.»

Comme Pierre Morvan, lauréat 1987 des Rolex Awards en sciences et santé, ancien chauffeur de taxi devenu grâce à ce prix un spécialiste mondial des coléoptères. 

L’objectif: encourager l’esprit d’entreprise. Attribués tous les deux ans, les Prix Rolex ont soutenu durant ces quatre décennies des projets novateurs dans cinq domaines: techniques appliquées, préservation et restauration de patrimoines, environnement, exploration, et, enfin, sciences et santé. Cette année, 5 lauréats ont reçu un prix de 100 000 fr. chacun, et 5 jeunes lauréats, entre 18 et 30 ans, 50 000 fr. pour mener à bien leurs projets. 

Le montant du prix a augmenté depuis les années 1970, mais il n’est pas le gain essentiel des lauréats. «Le prix confère des avantages plus importants, explique Rebecca Irvin: le prestige de Rolex, considérée comme la marque le plus respectée du monde, et la crédibilité du prix. Cela dépasse de loin l’aspect financier du prix, car il permet aussi de décrocher d’autres sources de financement.»

Faire partie du réseau des anciens lauréats et de cette grande communauté scientifique est aussi un avantage considérable. Le 15 novembre 2016, une cérémonie s’est tenue aux Etats-Unis, honorant les 10 gagnants de cette année, en présence d’une centaine d’anciens lauréats.

«Des personnes d’exception»

L’essence des programmes philanthropiques puise ses racines dans l’esprit de générosité d’Hans Wilsdorf (1881-1960), fondateur de la marque Rolex. «Nous recherchons des innovateurs, des pionniers, qui contribuent à la connaissance ou au bien-être de l’humanité», souligne Rebecca Irvin. Le prix est une rampe de lancement. «Nous soutenons des individus, pas des organisations, précise-t-elle. Depuis toujours, Rolex s’associe avec des personnes d’exception.»

Qu’en est-il de la mesure de l’impact philanthropique de Rolex à la suite du soutien de ces projets? «Nous suivons les projets pour voir si les lauréats les ont menés à leur terme et nous les guidons dans leur avancement.» Quant au bénéfice qu’obtient Rolex en tant qu’entreprise, il n’est pas recherché dans la mesure où les Rolex Awards relèvent de la philosophie entrepreneuriale et philanthropique instaurée par le fondateur, propre à Rolex. 

La culture aussi

A partir des années 1990, le Rolex Institute a voulu élargir son mécénat au domaine culturel, lançant le mentorat artistique. Le groupe horloger a créé un programme destiné aux arts et à la culture. La question était: «Que faire pour avoir une contribution réelle, une véritable aide aux arts et à la culture?» C’est ainsi que s’imposa l’idée d’inviter, tous les deux ans, un artiste de renom à parrainer un jeune dans sept disciplines telles que la danse, la littérature, la musique, le théâtre, les arts visuels, le cinéma et l’architecture. Ce programme aura 15 ans en 2017. 

L’objectif est de transmettre le savoir artistique d’une génération à une autre. Les protégés reçoivent une bourse, de 25 000 fr. par année, et les mentors obtiennent 75 000 fr. d’honoraires par année. Mais «c’est avant tout un échange d’une génération à une autre, enrichissant aussi bien le protégé que le mentor», selon la responsable de la philanthropie Rolex.  

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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