Bilan

L'enquête visant le patron de Deutsche Börse va se poursuivre

Le tribunal régional de Francfort a rejeté une proposition d'accord financier qui aurait permis au patron de Deutsche Börse d'échapper à des poursuites pour un délit d'initié présumé.

L'avenir de Kengeter à la tête de Deutsche Börse va dépendre de l'issue de l'enquête désormais reprise par le ministère public. 

Crédits: afp

Le tribunal régional de Francfort a rejeté une proposition d'accord financier qui aurait permis au patron de Deutsche Börse, Carsten Kengeter, d'échapper à des poursuites pour un délit d'initié présumé, a annoncé lundi soir l'opérateur boursier.

Moyennant une somme forfaitaire de l'ordre de 500.000 euros, Carsten Kengeter aurait pu être blanchi dans l'affaire de délit d'initié qui pèse sur lui, suite à l'achat d'un paquet d'actions de Deutsche Börse fin 2015, soit peu de temps avant l'annonce d'un projet de mariage avec sa rivale londonienne LSE en février 2016.

Le tribunal francfortois a refusé de donner son aval à cet arrangement, estimant que "la poursuite de l'enquête est actuellement appropriée compte tenu de l'importance de la procédure", indique la Börse dans son communiqué.

L'affaire est renvoyée devant le procureur du tribunal, qui va devoir reprendre son enquête. Ce dernier pourra éventuellement classer l'affaire, faute de preuves suffisantes, où bien faire aboutir les poursuites.

Carsten Kengeter avait acheté en décembre 2015 un paquet de 60.000 actions de Deutsche Börse pour 4,5 millions d'euros, en étant contraint de les conserver jusqu'à fin de 2019. Un volant supplémentaire de 69.000 actions lui avait été attribué par l'entreprise dans le cadre d'un programme de rémunération.

Deux mois seulement après cette opération, Deutsche Börse et la London Stock Exchange (LSE) annonçaient publiquement leur intention de fusionner. Cela a eu pour effet de faire grimper leurs titres en bourse. Les pourparlers de fusion entre Deutsche Börse et le LSE ont échoué par la suite.

Il est reproché à Carsten Kengeter d'avoir mené des discussions avec la direction de LSE dès l'été 2015 en vue d'une fusion puis d'avoir fait ses achats d'actions en fin d'année en connaissance de cause.

Le conseil de surveillance de la Börse a toujours nié toute malversation commise par le président du directoire du groupe. M. Kengeter, un ancien banquier d'investissement, a lui-même a récemment parlé d'un "devoir moral" d'acheter les actions de son entreprise.

L'avenir de Kengeter à la tête de Deutsche Börse va dépendre de l'issue de l'enquête désormais reprise par le ministère public. Le Conseil de Surveillance n'a pas encore renouvelé son mandat de trois ans qui expire le 31 mars 2018.

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