Bilan

L'affaire SwissLeaks crée des remous à Washington

Des élus démocrates et républicains demandent à l’administration Obama de rendre des comptes sur ce qu’elle savait des pratiques de HSBC en matière d’évasion fiscale.

Le processus de confirmation de Loretta Lynch, la candidate de Barack Obama au poste de ministre de la Justice, a été gelé.

Crédits: DR

Carl Levin n’est plus là. Le Sénateur démocrate du Michigan qui avait mené la charge contre UBS et Credit Suisse, a pris sa retraite à la fin de l’année dernière.

Du coup, Sherrod Brown, un Sénateur démocrate de l’Ohio, a décidé d’assurer la relève en matière de contrôle des banques et de lutte contre l’évasion fiscale à Washington. Le parlementaire n’a pas hésité à critiquer l’administration Obama dans l’affaire Swiss Leaks la semaine dernière. “J’aimerais beaucoup entendre les explications du gouvernement sur son action - ou son inaction -  quand il a entendu parler de ces accusations (sur les pratiques de la banque privée de HSBC, ndlr)", a-t-il affirmé dans un communiqué.

“Si ces accusations sont vraies, l’établissement qui avait déjà violé les lois américaines et avait blanchi de l’argent pour les cartels mexicains, pourrait ne pas avoir à rendre de comptes pour sa promotion de l’évasion fiscale massive”.

Sherrod Brown est membre de la minorité démocrate au Congrès et n’a pas le pouvoir de programmer une audience pour entendre HSBC. Seul Richard Shelby, le Sénateur républicain de l’Alabama, a la capacité de le faire. Pour l’instant, ce dernier est resté silencieux sur le sujet. L’affaire Swiss Leaks a néanmoins des retombées à Washington. Jeudi dernier, Chuck Grassley, l’élu républicain de l’Iowa qui dirige le comité du Sénat sur la Justice, a provisoirement gelé le processus de confirmation de Loretta Lynch, la candidate de Barack Obama au poste de ministre de la Justice.

Cartels mexicains

En 2012, HSBC avait accepté de payer 1,9 milliards de dollars au gouvernement américain après avoir admis qu’elle avait facilité le blanchiment d’argent sale des cartels mexicains. Loretta Lynch, la procureure fédérale de l’Etat de New York à l’époque, avait négocié cet accord critiqué par Congrès. Elle est aujourd’hui dans le collimateur de David Vitter, un Sénateur républicain de Louisiane, à cause notamment de l’affaire Swiss Leaks. “Si Loretta Lynch a balayé un grave stratagème de blanchiment d’argent sale impliquant des cartels mexicains, nous avons besoin d’en savoir nettement plus”, a-t-il martelé la semaine dernière.

Dans ses réponses au questionnaire que lui a envoyé Chuck Grassley avant l’affaire Swiss Leaks, Loretta Lynch a souligné le 9 février que l’accord entre HSBC et le gouvernement dans l’affaire de blanchiment d’argent sale, ne s’appliquait pas à l’évasion fiscale. Selon le Guardian, l’entourage de Chuck Grassley préparait à la fin de la semaine dernière de nouvelles questions pour tenter de savoir ce que Loretta Lynch savait dans ce dossier. David Vitter en a fait de même. Il a exigé vendredi que Loretta Lynch réponde à une série de questions dans le cadre de l’affaire Swiss Leaks avant que le Sénat ne se prononce sur sa candidature au poste de Ministre de la Justice.

Jean-Cosme Delaloye

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