Bilan

L'accord sur la BMPS, une bonne nouvelle pour l'Italie

L'UE et l'Italie ont conclu un accord de principe sur le plan de restructuration censé sauver la banque Monte Paschi di Siena.

La BMPS est considérée comme le maillon faible du système bancaire italien, lui-même source d'inquiétudes.

Crédits: AFP

La Commission européenne et le gouvernement italien ont conclu un accord de principe sur le plan de restructuration censé sauver la banque Monte Paschi di Siena (BMPS), une bonne nouvelle pour le secteur bancaire italien encore fragile.

Cet accord était attendu depuis des mois en Italie, mais aussi par les marchés financiers, qui redoutent depuis des mois les conséquences d'une faillite éventuelle de la BMPS, maillon faible du système bancaire italien.

Celui-ci est une source d'inquiétudes, en particulier en raison de l'importance de ses créances douteuses, des prêts risquant de ne jamais être remboursés.

"Cette solution est un pas positif pour la BMPS et le secteur bancaire italien ", s'est félicité la Commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, en jugeant le plan conforme aux règles européennes.

Depuis la crise financière de fin 2007, qui avait révélé un manque criant d'instruments capables de faire face aux banques peu solides ou défaillantes, l'UE s'est dotée de nouvelles règles ayant pour objectif d'éviter au maximum de solliciter les contribuables pour sauver des établissements bancaires. Ces règles encadrent ainsi très strictement les possibilités d'intervention de l'Etat.

Le plan de sauvetage de la BMPS s'inscrit dans le cadre de la procédure dite de "recapitalisation préventive", qui permet une injection d'argent public dans les banques considérées comme "solvables" et "profitables à long terme": cette disposition impose une profonde restructuration de la banque, mais aussi une mise à contribution des actionnaires et détenteurs d'obligations.

Le dispositif adopté "permettra à l'Italie d'injecter du capital dans la BMPS de façon préventive, en respectant les règles européennes, tout en limitant le fardeau pour les contribuables italiens", a estimé Mme Vestager.

Il va se traduire dans les faits par une nationalisation provisoire du plus vieil établissement financier de la planète.

Comme le souhaitait Rome, il prévoit par ailleurs un mécanisme permettant de compenser les petits épargnants, à qui l'on a vendu des obligations sans les avertir des risques encourus. Quelque 42.000 Italiens en détiennent.

La Banque centrale européenne (BCE) a estimé à 8,8 milliards d'euros le besoin en capital de la BMPS, qui s'est refusée pour le moment à tout commentaire sur l'annonce de jeudi.

Suppressions d'emplois

Selon le plan annoncé en décembre, l'Etat italien devrait injecter quelque 6,6 milliards d'euros: 4,6 milliards directement, plus environ 2 milliards d'euros pour compenser les pertes des particuliers.

A l'issue de l'opération, l'Etat détiendra environ 70% de la BMPS. Le reste sera détenu par des investisseurs institutionnels, notamment via la conversion des obligations subordonnées.

Bruxelles précise qu'il doit encore finaliser les détails du plan de restructuration avec le gouvernement italien. Ce dernier doit notamment respecter ses "engagements", souligne la Commission, sans préciser lesquels.

Selon la presse italienne, le plan pourrait se traduire par 5.000 suppressions d'emplois sur 25.000.

La banque devra également céder 26 milliards d'euros bruts de créances douteuses, "afin de réduire les risques sur son bilan", selon la Commission.

Malgré les tentatives de redressement menées par son management, avec l'annonce de la suppression de 2.450 emplois et la fermeture d'un quart de ses agences, BMPS n'était pas parvenue en décembre à récolter sur le marché les cinq milliards d'euros dont elle avait alors besoin.

La banque, qui a enregistré une perte nette de 3,2 milliards en 2016, accumule les difficultés depuis des années.

Les banques italiennes ont été dans l'oeil du cyclone l'an passé, leurs titres s'effondrant en Bourse, mais la situation s'est depuis redressée.

L'accord sur la BMPS est un pas supplémentaire dans la bonne direction, après la fusion entre Banco Popolare et BPM, et l'importante restructuration --saluée par les marchés-- d'UniCredit, qui a réussi en février à mener une augmentation de capital de 13 milliards d'euros.

Néanmoins, les inquiétudes demeurent autour d'autres petits établissements, en particulier les banques vénitiennes Banca Popolare di Vicenza et Veneto Banca, toutes deux en difficulté et qui souhaitent fusionner.

Un plan de sauvetage est négocié depuis de longues semaines avec les instances européennes qui réclament une recapitalisation de 6,4 milliards: selon le schéma proposé par Rome, 4,7 milliards seraient injectés par l'Etat, mais Bruxelles voudrait réduire cette somme d'un milliard pour la faire assumer par des capitaux privés. Ce qui ressemble à une mission impossible.

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