Bilan

Julius Bär a gardé le cap malgré le départ de Boris Collardi

Julius Bär compte poursuivre sur la voie tracée ces dernières années par Boris Collardi, l'ex-directeur général dont la démission avait créé la surprise en novembre.

M. Collardi a quitté en novembre ses fonctions de patron de Julius Bär avec effet immédiat pour rejoindre Pictet en juin en qualité d'associé.

Crédits: keystone

Julius Bär compte poursuivre sur la voie tracée ces dernières années par Boris Collardi, l'ex-directeur général dont la démission avait créé la surprise en novembre. Le nouveau patron de la banque de gestion zurichoise Bernhard Hodler a présenté mercredi pour la première fois les chiffres annuels, qui se sont révélés solides en 2017. La politique d'acquisitions et les objectifs sont confirmés.

Nommé dans la précipitation, M. Hodler a affirmé mercredi qu'il souhaite rester en place "ces prochaines années". Le directeur général (CEO) estime bénéficier d'un soutien important du conseil d'administration.

Pour rappel, M. Collardi a quitté en novembre ses fonctions de patron de Julius Bär avec effet immédiat. Le Jurassien d'origine va rejoindre la banque privée genevoise Pictet en juin en qualité d'associé.

Le changement à la tête de Julius Bär n'implique aucun chambardement dans la stratégie, du moins pour l'instant. La banque a confirmé en marge de la présentation des chiffres annuels les objectifs de ratio coûts/revenus et d'entrées nettes d'argent.

Véritable marque de fabrique de l'ère Collardi, la politique d'acquisitions est également reconduite. Julius Bär a d'ailleurs annoncé en matinée la reprise de Reliance Group à hauteur de 95% du capital-actions.

Dividende relevé

Ce gestionnaire de fortune brésilien, présenté comme l'un des plus importants du pays avec 5 mrd de masse sous gestion, permettra à l'établissement zurichois de se renforcer sur ce marché de croissance latino-américain. Le prix de vente n'a pas été divulgué.

Pour son premier oral devant la presse, le nouveau CEO a présenté des résultats solides, avec des recettes, un volume d'affaires et des bénéfices en hausse de plus de 10%. Cette performance, légèrement inférieure aux attentes des analystes, a poussé le conseil d'administration à relever le dividende de 17% à 1,40 CHF par action. L'assemblée du 11 avril aura le dernier mot.

Le bénéfice net attribuable aux actionnaires s'est étoffé de 14% sur un an, à 705 mio CHF, indique mercredi l'établissement zurichois.

En termes de volume d'affaires, la banque affiche une augmentation encore plus forte, avec une masse sous gestion gonflée de 16% à 388 mrd CHF. Les afflux nets d'argent sont supérieurs à 22 mrd, soit 6,6% de la progression totale alors que la banque visait 4-6%. "2017 a été une année spéciale", a commenté M. Hodler en conférence de presse.

Julius Bär a introduit une nouvelle méthode de gestion de fortune qui sépare les mandats avec et sans conseil. Ce moyen de calcul a réduit la masse de 6 mrd.

Marge brute légèrement rabotée

L'activité de commissions a connu une véritable envolée des recettes. La croissance des opérations d'intérêts est moins forte, mais toujours supérieure à 10%. Le produit d'exploitation a gonflé de 14% à 3,25 mrd CHF. La marge brute a reculé d'un point de base à 90 pb.

La banque présente une hausse de 13% des charges à 2,26 mrd et de 4% de la masse salariale, qui totalise 6292 équivalents plein temps.

La direction veut continuer à étoffer l'équipe de conseillers à la clientèle cette année, avec le recrutement de 80 personnes d'ici fin 2018. L'objectif n'a pas été tenu l'année dernière, où l'établissement a davantage mis l'accent sur "l'amélioration de la compétence et des qualités" du personnel au contact de la clientèle, au détriment des nouveaux engagements, selon le CEO.

En tout, 13 nouveaux conseillers, en équivalent plein temps, ont rejoint Julius Bär en 2017, contre 166 l'année précédente.

Les investisseurs ne semblaient pas goûter aux chiffres publiés par le groupe bancaire. Le titre Julius Bär a chuté en début de séance avant de se reprendre. A 13h35, il cédait encore 0,5% à 63,50 CHF, dans un SMI en hausse marginale de 0,04%.

Sans s'enflammer, les analystes reconnaissaient de nombreuses qualités à ces chiffres. Pour la Banque cantonale de Zurich, la performance dévoilée mercredi place toujours Julius Bär parmi les principaux gestionnaires de fortune mondiaux.

Baader Helvea se montre plus circonspect, arguant que les entrées nettes d'argent ne pourront être maintenues cette année au rythme de 2017. Les analystes d'UBS affirment pour leur part que le potentiel de croissance de Julius est déjà intégré au cours actuel du titre.

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