Bilan

Julius Bär a aussi bien profité que pâti des décisions de la BNS

Le groupe bancaire zurichois n'a pas totalement compensé le repli des avoirs sous gestion causés par le franc fort. Il a toutefois bénéficié de la volatilité sur les marchés après le 15 janvier.

Les turbulences provoquées par la BNS sur les marchés ont généré une forte volatilité qui a profité à la banque.

Crédits: Reuters

Julius Bär a aussi bien profité que pâti des décisions de la Banque nationale suisse (BNS) en début d'année. De janvier à avril, le groupe bancaire zurichois n'a pas totalement compensé le repli des avoirs sous gestion causés par le franc fort. Il a toutefois bénéficié de la volatilité sur les marchés après le 15 janvier. L'établissement a dépassé les attentes des analystes, mais le titre perdait de la vitesse après un démarrage en trombe.

Sur les quatre premiers mois de l'année, Julius Bär a vu sa masse sous gestion se contracter de 1% à 289 mrd CHF, soit une baisse de 2 mrd CHF depuis fin 2014, indique le groupe mardi. La banque a vu ses avoirs fondre de 19 mrd CHF après le 15 janvier, suite à l'appréciation du franc.

Les dégâts ont pu être limités grâce à des rentrées nettes d'argent stables, la performance sur les marchés et transfert en mars de 4,3 mrd CHF en provenance de Leumi Private Bank. Julius Bär avait annoncé en juillet dernier la reprise des activités de banque privée en Suisse et au Luxembourg de l'établissement israélien.

Le groupe affirme que ses entrées d'argent frais ont été impactées par le franc fort et par la régularisation d'actifs en France et en Italie. Sur un an, l'afflux se situe dans la fourchette basse de l'objectif de croissance à moyen terme de 4 à 6%.

FORTE ACTIVITÉ EN JANVIER

Les turbulences provoquées par la BNS sur les marchés ont généré une forte volatilité qui a profité à la banque. En janvier tout particulièrement, la marge brute s'est inscrite à un "haut" niveau grâce une activité clientèle accrue, selon un communiqué. Entre février et avril, celle-ci a évolué légèrement sous la barre de 100 points de base. Sur quatre mois, la marge brute s'est fixée juste au-dessus des 100 pb, contre 94 pb à fin décembre.

La banque a enregistré des volumes élevés dans le négoce des produits structurés mais aussi dans les opérations liées aux actions, aux titres à revenu fixe et aux devises. Le repositionnement d'investisseurs asiatiques en mars et avril a également contribué a l'amélioration de la marge brute.

La marge bénéficiaire avant impôts a également progressé pour se retrouver dans le haut de l'objectif à moyen terme de 30-35 pb. Entre février et avril, cette même marge évoluait dans la moyenne de la fourchette.

Ces résultats dépassent les prévisions des analystes sollicités par AWP, qui plaçaient la masse sous gestion à 286 mrd CHF et la marge brute à 96 pb. Julius Bär n'a pas quantifié précisément l'afflux d'argent frais, attendu à 4,4 mrd CHF.

TITRE EN PERTE DE VITESSE

Le ratio coûts/revenus s'est inscrit juste sous le niveau de l'objectif à moyen terme, qui est de 65-70%, alors qu'il se situait à 69,9% en fin d'année dernière. Ce résultat a pu être atteint grâce à l'amélioration de la marge brute et à la rationalisation des coûts successive à l'intégration des activités de gestion de fortune internationale de Merrill Lynch.

L'implémentation des mesures de réduction des coûts annoncées en février se poursuit pour Julius Bär. Les premiers effets sont attendus dans le courant de l'année.

Le ratio de fonds propres durs s'est fixé à 21,1%, contre 22,0% à fin 2014.

La nominative Julius Bär a commencé la séance sur les chapeaux de roue, chatouillant les 51 CHF, avant d'entamer une baisse. A 12h, le titre s'adjugeait 0,9% à 50,45 CHF, dans un SMI en progression de 0,75%.

Les analystes tressent des lauriers à l'établissement zurichois, même si certains mettent en évidence des zones d'ombre. Les rumeurs de rachat qui ont ressurgi récemment sur les marchés, ou plutôt l'absence de toute mention d'éventuelles tractations dans le rapport, est notamment relevée. Credit Suisse et italien Intesa San Paolo figureraient sur la liste des repreneurs potentiels.

Vontobel estime qu'un rachat de Julius Bär ne ferait pas de sens. L'analyste Andreas Venditti prend le contre-pied des rumeurs et estime que Julius Bär est mûre pour un nouvel achat, qui devrait intervenir après le règlement du conflit fiscal avec les Etats-Unis.

Les résultats après quatre mois font en revanche l'unanimité. Les analystes de Credit Suisse soulignent que Julius Bär a dépassé des attentes "raisonnablement élevées". Tim Dawson, pour Baader Helvea, reconnaît que les résultats sur quatre mois ont dépassé ses prévisions. Il souligne toutefois que la banque a profité des conditions de marché exceptionnelles, suite aux décisions de la BNS. L'activité clientèle risque de s'affaisser pour le reste de l'année.

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