Bilan

Julius Bär ne craint pas Pictet

Les deux établissements se disputent la troisième place helvétique dans la gestion de fortune, à l'ombre des deux géants UBS et Credit Suisse.

Le gestionnaire de fortune zurichois a annoncé en février un programme de restructuration, visant notamment à supprimer 140 postes de travail.

Crédits: Keystone

Le passage de Boris Collardi et de certaines équipes de Julius Bär à Pictet n'émeut pas Bernhard Hodler, directeur général du gestionnaire de fortune zurichois. "Nous respectons Pictet, c'est une bonne entreprise et une bonne marque, mais nous ne la craignons pas", assure le patron de Julius Bär dans une interview lundi au Temps.

Banquier renommé, Boris Collardi avait quitté en novembre 2017 la tête du groupe zurichois pour rejoindre en juin 2018 la banque genevoise Pictet. Or, les deux établissements se disputent la troisième place helvétique dans la gestion de fortune, à l'ombre des deux géants UBS et Credit Suisse.

Quelques mois après l'arrivée de M. Collardi, désormais gérant associé, Pictet recrutait une équipe de gestion de Julius Bär spécialisée dans le Moyen-Orient. "Ce n'est pas un problème. L'an dernier, nous avons augmenté le nombre de nos gérants d'environ 100", lance M. Hodler.

Pictet suit désormais une politique de recrutement qui ressemble davantage à celle de Julius Bär, à en croire Bernhard Hodler. "C'est à nous de faire en sorte que nos collaborateurs soient heureux chez nous."

A fin 2018, Julius Bär gérait une masse de 382 milliards de francs uniquement pour la clientèle privée. Pictet affichait 496 milliards, dont environ la moitié dans la gestion institutionnelle.

Pas de risques inconsidérés

Le gestionnaire de fortune zurichois a annoncé en février un programme de restructuration, visant notamment à supprimer 140 postes de travail. Après une période de forte croissance ces 15 dernières années, Julius Bär va se concentrer sur un nombre restreint de marchés, soit 17.

Pour Bernhard Hodler, le développement des affaires de la banque ne s'est pas fait un détriment de la prudence. "Nos standards pour accepter des clients sont au niveau de ceux de la concurrence, si ce n'est supérieurs", affirme celui qui était directeur du risque de Julius Bär avant de prendre les rênes du groupe. "L'idée que nous avons pu accepter des clients qui ne correspondent pas aux standards est fausse", selon lui.

Depuis la semaine dernière, Julius Bär ne fait plus partie du Swiss Market Index (SMI), l'indice vedette de la Bourse suisse. La banque zurichois a été éjectée par Alcon, émanation de Novartis. M. Hodler souligne que cet ajustement est basé sur des critères de taille et non de qualité.

"Notre inclusion dans le SMI Mid Cap, qui regroupe les 20 grandes sociétés suisses après celles du SMI, fera de notre société un poids lourd dans cet indice boursier important pour les investisseurs", note le patron de Julius Bär.

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