Bilan

JPMorgan profite de l'appétit pour le crédit

La banque américaine JPMorgan Chase a dépassé les attentes au premier trimestre, en dépit d'importantes provisions dues à son exposition au secteur pétrolier et un déclin continu du courtage.

JPMorgan a ainsi réussi à diminuer ses coûts de 7% au premier trimestre grâce en partie à une ardoise juridique nulle.

Crédits: AFP

La banque américaine JPMorgan Chase a dépassé les attentes au premier trimestre, en dépit d'importantes provisions dues à son exposition au secteur pétrolier et un déclin continu du courtage.

Elle a notamment profité du goût des consommateurs américains pour le crédit alors qu'elle a augmenté ses taux d'intérêt dans la foulée de la première hausse depuis 2006 du taux directeur de la banque centrale (Fed) intervenue en décembre.

Le bénéfice net trimestriel a certes baissé de 6,7% à 5,52 milliards de dollars mais, rapporté par action et ajusté d'éléments exceptionnels (la référence en Amérique du nord), il est meilleur que prévu à 1,35 dollar contre 1,26 dollar attendu en moyenne par les analystes.

Le chiffre d'affaires de 24,08 milliards de dollars (-3% sur un an) a en outre moins reculé que redouté, a annoncé mercredi la première banque américaine en termes d'actifs qui a vu, au moment même où elle présentait ses résultats, les régulateurs rejeter son plan de simulation de faillite ("Living will").

Les marchés financiers anticipaient des revenus aux alentours de 23,40 milliards.

Les investisseurs s'attendent à un recul de près de 9% des bénéfices des groupes financiers au cours du premier trimestre, marqué par un déclin continu des recettes générées par le courtage et des craintes sur une cascade de défaillances potentielles des entreprises du secteur énergétique. Ces craintes plombent fortement le secteur financier en Bourse depuis janvier.

Ils manifestaient leur soulagement en faisant monter le titre de JPMorgan de 2,24% à 60,60 dollars dans les premiers échanges à Wall Street mercredi.

Consommateurs en forme

Le PDG Jamie Dimon, confronté à des pressions pour scinder les activités de la banque, a attribué la performance du groupe à la banque de détail qui a enregistré une hausse des prêts et des dépôts.

"Le consommateur américain reste en forme et les crédits à la consommation sont bons", a souligné M. Dimon, ajoutant que l'établissement allait choyer ses actionnaires via un programme de rachat d'actions de 1,9 milliard de dollars.

La marge d'intérêt nette s'est notamment améliorée, passant de 2,07% au premier trimestre 2015 à 2,3% à fin mars. Elle représente le différentiel entre les taux d'emprunt et le taux de placement de l'argent

Outre des taux d'intérêt bas, la rentabilité des grandes banques américaines a pâti récemment des demandes des régulateurs qui exigent d'elles des niveaux de fonds propres élevés pour faire face à une éventuelle crise.

Pour préserver ses gros bénéfices JPMorgan se repose sur des économies qui passent par des suppressions d'emplois et la fermeture d'agences ainsi qu'une hausse de plus en plus importante des activités de services financiers en ligne. Elle vient notamment de supprimer 20% des effectifs de son activité de gestion de fortune en Asie, selon des sources proches de la banque.

JPMorgan a ainsi réussi à diminuer ses coûts de 7% au premier trimestre grâce en partie à une ardoise juridique nulle, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Au premier trimestre 2015, la banque américaine, qui s'est acquittée de milliards de dollars d'amendes liées à ses pratiques remontant à la crise financière, avait provisionné 687 millions de dollars liés à des litiges juridiques.

Le courtage reste néanmoins un casse-tête de même que les interrogations entourant les crédits qu'elle a accordés au secteur pétrolier qui l'ont contrainte à porter à 1,8 milliard de dollars contre 959 millions précédemment l'ensemble de ses provisions.

Les seules provisions liées à son exposition au secteur pétrolier s'élèvent à 529 millions de dollars et à 162 millions pour celle au secteur minier.

Analystes et investisseurs redoutent que la chute des prix du pétrole et la détérioration de la conjoncture affectant les entreprises énergétiques et minières n'entraînent une cascade de défaillances de ces deux secteurs auxquels les banques ont prêté beaucoup d'argent.

Les revenus du courtage ont diminué de 11% plombés par les turbulences sur les Bourses et une régulation plus stricte pour les activités très risquées comme le trading des obligations et des devises. C'est néanmoins moins que la baisse de 20% anticipée en février par l'établissement.

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