Bilan

JPMorgan aurait gagné 300 millions de dollars avec le franc fort

L'abandon du taux plancher et la forte hausse du franc qui a suivi ont provoqué d'importants gains et pertes sur les marchés. La banque américaine JPMorgan aurait encaissé 300 millions de dollars en quelques heures.
  • Entre 250 et 300 millions de dollars de gains: c'est le juteux profit qu'aurait réalisé JPMorgan dans les heures qui ont suivi l'abandon du taux plancher.

    Crédits: Image: DR
  • Pour Bank of America, l'impact ne devrait pas être significatif, selon le CEO Brian T. Moynihan.

    Crédits: Image: DR
  • A contrario, Citigroup, Deutsche Bank et Barclays pourraient figurer parmi les principales victimes de la fin du taux plancher entre euro et franc.

    Crédits: Image: DR

Un gain de 250 à 300 millions de dollars en quelques heures sur un placement qui était annoncé jusqu'alors comme un modèle de stabilité: c'est la performance réussie par JPMorgan Chase & Co. Les traders de la banque américaine avaient misé de longue date sur le franc suisse et avaient acquis d'importantes sommes de la devise helvétique. Un choix de placement de «bon père de famille», promis à une stabilité à toute épreuve depuis trois ans avec la politique de taux plancher entre franc et euro menée par la Banque Nationale Suisse (BNS), et qui était annoncée voici deux semaines encore comme le socle de la stratégie monétaire suisse.

Or, avec l'annonce de l'abandon du taux plancher le 15 janvier et la hausse subite du cours du franc face à l'euro (surtout) et au dollar, ce placement prudent est devenu l'un des placements les plus rentables sur le court terme: deux personnes proches du dossier auraient confié à Julia Verlaine, de Bloomberg, que la banque américaine aurait alors enregistré un gain compris entre 250 et 300 millions de dollars en quelques heures. Les deux sources de Julia Verlaine ont requis l'anonymat et la banque n'a pas souhaité commenter cette information.

 

Des pertes pour d'autres banques

Julia Verlaine distingue ce cas de celui de plusieurs autres établissements financiers ayant essuyé des pertes dans le même temps, avec la chute brutale de l'euro (et à un degré moindre du dollar) face au franc: Citigroup, Deutsche Bank AG et Barclays Plc auraient ainsi à eux trois perdu près de 400 millions de dollars dans les heures qui ont suivi l'annonce de la BNS. De leur côté, Morgan Stanley et Goldman Sachs ont affirmé que l'impact de la fin du taux plancher serait «immatériel». Quant à Bank of America, le CEO Brian T. Moynihan a déclaré à CNBC le 20 janvier que «les fluctuations n'auront pas un gros impact sur la société».

JPMorgan avait communiqué dans les heures qui ont suivi l'annonce de la BNS en annonçant à ses clients que tous les ordres seraient passés au taux de 1,02 francs pour un euro, alors même que le taux de change était passé d'1,20 à près de 0,85 en moins de 24 heures. Cette annonce avait alors permis aux traders de procéder aux opérations sans avoir l'incertitude du taux à appliquer.

 

«»

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."