Bilan

Jean Studer, l’indépendance à tout prix

Le Neuchâtelois a repris la présidence de la Banque Cantonale Neuchâteloise (BCN) ce 1er juillet 2019. Il sort de douze années passées à la Banque nationale suisse (BNS), dont sept en tant que président du Conseil des Banques.

Jean Studer s'est par ailleurs retiré de la présidence du NIFFF, le festival international de film fantastique de Neuchâtel.

Crédits: DR

«Malgré tout ce que j’ai lu, entendu ou subi, la situation du pays est bonne». Au sortir de son mandat à la Banque nationale suisse (BNS), Jean Studer paraît serein. «Des regrets ? L’histoire jugera, mais je sais le sérieux et la rigueur qui accompagnent chaque décision». Le Neuchâtelois aux multiples casquette était en passe d’en revêtir une nouvelle lorsqu’il a accueilli Bilan. Au premier juillet, il sera le nouveau président de la Banque Cantonale Neuchâteloise (BCN). «Je me sens en forme» raconte l’ancien conseiller aux Etats. A deux mois de prendre ses fonctions, l’avocat restait humble: «je suis le petit stagiaire qui découvre»« rigole-t-il.

Les années folles

Être président du Conseil des Banques de la BNS était loin d’être un long fleuve tranquille. Avec Dany Lampart - entré en même temps que lui, Jean Studer a presque tout vu. Quand je suis rentré (NDLR: en 2007), il y avait les prémisses de la crise financière. Puis il y a eu les banques américaines chahutées, le sauvetage, la crise des dettes, celle de l’euro et le départ précipité de Philip Hildebrand. Mais la BNS était là et faisait face» raconte-t-il.

L’institution a bien grandi au cours de ces douze années. Le montant de ses actifs est passé de 100 à 800 milliards et la banque a même ouvert une succursale à Singapour. Jean Studer ainsi que l’institution ont souvent été critiqués, mais ils ont gardé le cap. «Les scénarios catastrophes ne se sont pas réalisés» avance l’avocat, qui regrette l’image de la BNS qu’ont les personnes. «Nous n’y sommes pas dans une tour d’ivoire. La BNS est hyper connectée, elle a ses conseils régionaux, elle réalise un sondage lors de chaque trimestre… elle écoute les acteurs économiques».

Officiellement, la BNS a pour tâche de gérer la politique monétaire du pays. Sur son site, elle évoque plusieurs domaines importants comme la stabilité des prix et du système financier, le trafic des paiements sans numéraire, la coopération monétaire internationale ou encore les statistiques.

La trajectoire hasardeuse

S’il a voulu atteindre le Conseil fédéral, c’est finalement à la Banque nationale qu’il a atterri. Le Neuchâtelois a découvert l’intérieur du décor avec curiosité. «Je n’avais pas une grande idée de ce que c’était» admet l’ex-politicien. Aujourd’hui, après douze années passées au sein de l’institution, Jean Studer se dit satisfait. Son rôle de président du Conseil des Banques l’a amené à voyager dans toute la Suisse, et surtout en Suisse alémanique. La politique fait quant à elle partie du passé. «Chacun son tour. Je n’ai aucune nostalgie» confie-t-il.

Jean Studer assume donc ce nouveau rôle. A l’âge de 61 ans, il est loin de vouloir s’arrêter et conserve en parallèle sa fonction de président de la cinémathèque suisse «J’ai toujours beaucoup travaillé» rigole-t-il. Il faut dire que la culture lui tient tout particulièrement à coeur. Côté musique, Emilie Zoé, les Rambling Wheels et Billie Eilish se succèdent dans ses écouteurs. Ses amis d’enfance ont créé le Théâtre de la Poudrière à Neuchâtel.

Une ville qu’il rêve de voir briller. «Les Neuchâtelois devraient être plus fiers» affirme-t-il. Il se rappelle des grandes années du canton, avec Suchard, La Brunette - avant que cela ne soit Philip Morris International. Il voit une industrie horlogère à un niveau inférieur à son potentiel. «On n’a pas su s’imposer comme la référence mondiale, ou remettre en scène l’évolution de l’horlogerie» constate-t-il. Depuis sa banque cantonale, Jean Studer continuera de suivre de près la situation financière suisse. Même si cette fois-ci, celle neuchâteloise sera primordiale.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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