Bilan

Irak, du piment dans le portefeuille

Investir dans la bourse de Bagdad via des hedge funds permet de tirer profit du rattrapage économique du pays, palpable au niveau du secteur bancaire coté.

A la bourse de Bagdad, la capitalisation totale atteint 12 milliards de dollars.

Les actions suisses, américaines et européennes, comme horizon d’investissement, vous semblent trop limitées, tant sur le plan géographique qu’en termes de performances?

Si tel est le cas, pourquoi ne pas investir dans les actions irakiennes? Un marché de petite taille, dont la capitalisation totale atteint 12 milliards de dollars, avec une liquidité faible, et dominé par les banques locales. Autant dire qu’il s’agit d’y placer une partie de votre épargne qui n’est pas indispensable et qui sera dédiée à des placements risqués.

«J’ai commencé il y a dix-sept ans à travailler pour des fonds de marchés émergents, et j’ai appris qu’il faut toujours s’intéresser aux marchés peu connus, et sous-évalués», explique Shwan Taha, président de Rabee Securities, qui a fait salle comble récemment à Genève lors d’une présentation sur le marché des actions irakien. Basé à Bagdad, il est expert du marché irakien.

Il recommande de miser sur l’essor impressionnant de ce marché jeune, à haut rendement, rudimentaire, avec peu de transparence et une gouvernance encore balbutiante certes, mais qui va «dans la bonne direction».

L’objectif est de tirer parti de l’essor économique irakien, où se trouvent des poches de croissance attrayantes comme le Kurdistan, zone parmi les plus riches au monde en hydrocarbures. La croissance irakienne est attendue à 8,7% en 2014, 9% en 2015 et 9,4% en 2016.

Le secteur bancaire, en particulier, reflète la croissance de l’Irak et l’important effet de rattrapage de l’après-guerre. Certes, les économistes ont pour habitude de dire que les indices boursiers des marchés émergents, typiquement, ne représentent pas la croissance du PIB de ces pays.

Ce que récuse totalement Shwan Taha: «Vous ne ferez jamais d’argent en écoutant les économistes. Faites plutôt le contraire.» Il en veut pour preuve que si un investisseur avait placé de l’argent il y a quatre ou cinq ans sur le marché irakien, il aurait triplé son investissement à ce jour. Pour lui, le marché irakien va encore tripler d’ici quatre à cinq ans, atteignant 30 à 50 milliards.

Pour s’exposer à la bourse irakienne, l’idéal serait de pouvoir répliquer l’indice ISX, mais il n’existe pas de produit pour le faire. Shwan Taha préconise d’investir à travers des fonds. Il recommande plusieurs hedge funds (nous en proposons quatre ci-dessous). Ces fonds alternatifs sont américains, britanniques, suédois, émiratis ou singapouriens.

Pour y entrer, la mise de départ peut démarrer dès 100 000 dollars, mais, idéalement, il faut disposer de 500 000 dollars, ce qui rend ce type de placement particulièrement indiqué pour les gros investisseurs de type family offices.  

Conseil nº1

Euphrates Iraq Fund

Basé à : New York

FsG: 111 millions USD

Perf depuis création (oct. 2010): 43,3%

Ce fonds alternatif ne divulgue pas d’informations sur ses positions. En 2013, il était le quatrième meilleur fonds de marchés émergents dans la catégorie des plus de 50 millions de dollars d’actifs, selon les données de Bloomberg.

Conseil nº2

Impera Iraq Opportunities Fund

Basé à : Londres

FsG: 5,7 millions USD

Perf depuis création (avril 2013): 24%

La société Impera Capital fournit peu d’informations sur ce fonds, de création récente. Spécialiste des marchés frontières, le gérant et partner Philip Khoury gère ce fonds en même temps qu’un autre fonds, axé sur la Mongolie.

Conseil nº3

FMG Iraq Fund

Basé à : Stockholm

FsG: 20 millions USD

Perf depuis création (mai 2010): +30%

Ce fonds ne donne pas ses principales positions, mais par secteur il investit à 57% dans les banques. Sa seconde position est dans le secteur de la consommation. Il prélève 1,5% de frais de gestion et 10% de la performance au-dessus du seuil de 10%.

Conseil nº4

Invest AD Iraq Opportunity Fund

Basé à : Abu Dhabi

FsG: 22 millions USD

Perf depuis création (oct. 2010): +26%

Les principales positions du fonds sont Baghdad Soft Drinks (12,8%), Al-Mansour Bank (11,94%), et Bank of Baghdad (11,53%). Il prélève 1,75% de frais de gestion et retient 15% de la performance au-delà d’un seuil de 10%.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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