Bilan

Investir dans le tissu économique genevois

Un panier d’actions permet de miser sur les acteurs globaux et locaux qui font le succès de la Cité de Calvin.
  • Le panier comprend les capitalisations boursières supérieures à 500 millions de francs.

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  • La BCGE n’a pas répliqué le PIB genevois; elle mise sur les grands noms du canton.

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Investissez dans les entreprises qui investissent à Genève: tel est le concept à l’origine d’un nouveau certificat d’actions lancé par la Banque Cantonale de Genève.

Le certificat Tracker Geneva Economy Quintessence, composé d’un panier d’actions reflétant l’économie genevoise, permet de miser sur les secteurs les plus performants de la Cité de Calvin, à travers des entreprises tant internationales que locales, cotées en bourse.

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Les réflexions au sujet d’un panier d’actions qui refléterait la performance de l’économie genevoise sont nées dans le cadre du bicentenaire de la BCGE qui a lieu cette année, relate Xavier Pintado, conseiller senior auprès de la banque du quai de l’Ile. «Les caractéristiques de l’économie genevoise: elle est extrêmement sélective, à forte valeur ajoutée, efficiente. Tels ont été les premiers filtres qui ont permis de sélectionner des acteurs ayant une présence importante à Genève.» En réalité, l’appartenance totale ou partielle à cette place économique est en soi un indicateur de qualité et de sophistication, démontre la BCGE.

22 titres, 12 secteurs et 7 monnaies

L’économie genevoise est aussi très internationale: «L’investisseur adopte une optique locale et investit au global car cette économie locale est internationale», résume Xavier Pintado. La BCGE a privilégié les groupes ayant une activité significative à Genève en termes de génération d’emplois et de rôle dans l’économie cantonale. Enfin, le choix s’est porté sur des capitalisations boursières supérieures à 500 millions de francs et cotées sur de grandes places boursières.

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En termes de secteurs d’activité, l’existence de pôles d’excellence pose un problème de concentration. «Pour cela, nous avons introduit une équipondération sectorielle afin que tous les secteurs soient bien représentés, ce qui est assez novateur et affecte positivement la performance», note Xavier Pintado. Le certificat comprend actuellement 22 titres répartis sur 12 secteurs et  7 monnaies, mais le franc suisse représente 50% du produit, suivi du dollar, de la livre sterling et ensuite de l’euro (dont le poids est inférieur à 8%). Le certificat lui-même est libellé en franc suisse, ainsi que les dividendes qu’il verse.

Le panier inclut par exemple Richemont pour l’horlogerie, JPMorgan, HSBC, UBS, Credit Agricole, BNP Paribas et Credit Suisse parmi les banques, Renault et Nissan dans l’automobile, ou encore Georg Fischer (acquéreur historique des Ateliers des Charmilles, devenus Charmilles Technologies). Le certificat contient également Implenia, Securitas, Japan Tobacco, Bungee (groupe de négoce de matières premières coté en bourse), Givaudan dans les parfums et arômes, Procter & Gamble, Galenica ou encore Temenos. La SGS ne figure pas pour l’heure dans le panier du fait de son exposition aux marchés émergents, «mais elle se trouve dans la shortlist pour y entrer prochainement», indique Xavier Pintado. Le certificat est en effet géré «de manière dynamique en fonction de l’évolution de l’économie et des conditions du marché». 

Gain de 13% par an sur dix ans

L’immobilier genevois n’est pas représenté dans le panier pour l’heure, ayant été initialement considéré comme une classe d’actifs à part. «Nous n’avons pas répliqué la composition du PIB genevois, précise aussi le conseiller de la banque cantonale, car il nous fallait des titres liquides et cotés en bourse, et parce que nous ne voulions pas être seulement emblématiques mais avant tout performants.»

Les back tests ne sont certes que des simulations; toujours est-il que le panier de la BCGE a gagné 13,1% par année entre 2005 et 2015, tandis que l’indice large des actions suisses (SPI) a progressé de 7,2% par an sur la même période. Quant au MSCI Monde en franc suisse, il n’affiche que 4,2% de performance annuelle.

On pourrait s’interroger sur la part réellement genevoise de firmes comme JPMorgan ou P&G. Mais ces enseignes ont d’importantes activités dans la ville du bout du Léman et comptent à ce titre parmi les meilleurs acteurs de l’économie genevoise qui offrent des actions cotées en bourse.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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