Bilan

Investir dans la bière

Coupe du monde, terrasses, vacances, festivals, autant d’événements qui influencent les ventes de boissons. Quel impact sur les acteurs de la branche?
Crédits: Dr

Qu’on le veuille ou non, des événements sans corrélation avec la bourse font réagir le cours des actions. Ainsi en va de la Coupe du monde de football qui démarrera le 12 juin. Il faut cependant relativiser cet impact: «Si à très court terme ces événements sportifs ont une influence sur les ventes du secteur, celle-ci n’est pas significative sur l’ensemble de l’année», assure Antoine Colonna, financier spécialisé dans le secteur de la consommation discrétionnaire chez Carmignac Gestion.

Pourtant, du côté du brasseur belge Anheuser-Busch InBev, numéro un du marché de la bière en Amérique du Nord, au Mexique et au Brésil, la Coupe du monde devrait provoquer une hausse des ventes d’un à deux points sur l’année 2014 au Brésil, son deuxième marché.

Le principal bouleversement du secteur ces dernières années est l’accélération de la consolidation. «Si l’on peut dire que la consolidation est pour l’essentiel achevée, assure Antoine Colonna, quelques opérations d’envergure touchant au secteur des boissons dans son ensemble, Pepsi et Coca-Cola notamment, sont encore à prévoir. L’intérêt des brasseurs pour les boissons non alcoolisées gazeuses est évident.»

Heineken et Carlsberg, deux des quatre plus grands brasseurs, sont contrôlés respectivement par une famille et une fondation. Cette situation permet au marché et aux spécialistes de continuer à spéculer sur des hypothèses de fusions-acquisitions. Ils estiment qu’un rapprochement n’est possible qu’entre les deux premiers concurrents (Anheuser-Busch InBev, numéro 1 et SAB Miller, numéro 2) et que la somme du rachat du deuxième par le premier dépasserait les 100  milliards de dollars!

Une telle opération devrait encore franchir les barrières antitrust. Selon les spécialistes, cela ne devrait pas poser de problèmes, hormis peut-être en Chine et aux Etats-Unis où les parts de marché compilées avoisineraient les 75%. «A l’avenir, je m’attends à un ralentissement des fusions et acquisitions, affirme Stefan Bauknecht, gestionnaire de fonds pour Deutsche Asset Wealth Management (DeAWM). Comme l’industrie est génératrice d’importants cash-flows, ces liquidités vont servir à l’augmentation des rachats d’actions.»

L’autre changement important dans ce secteur est l’évolution du mix géographique. «On constate que les marchés émergents sont devenus la principale source de croissance, grâce à une consommation d’alcool en progression», analyse le spécialiste de DeAWM.

«Le secteur a pâti au premier trimestre de l’aversion classique des investisseurs sur cette période de l’année mais s’est repris depuis pour afficher une performance de 2,8%, en ligne avec celle du marché européen», conclut Antoine Colonna. 

 

CONSEIL N°1

ABI Anheuser-Bush InBev

Code: ABI

Cours: 79,03 euros

Objectif: 92 euros (+16%)

«Best in class» en termes de marge en Europe, aux Etats-Unis et en Amérique latine, la compagnie belge est aussi le premier bénéficiaire de la reprise américaine dans l’emploi des cols-bleus. Son désendettement rapide et sa position sur le marché brésilien devraient lui être favorables en 2014.

CONSEIL N°2

SAB Miller

Code: SAB

Cours: 3212 gbp 

Objectif: 3700 gbp (+15%)

Avec un bon mix géographique, le groupe d’origine sud-africaine n’est pas particulièrement exposé aux autres pays appartenant au BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). Il offre un rendement du dividende de 3% et bénéficie d’une croissance vigoureuse du bénéfice par action.

CONSEIL N°3

Guinness Nigeria PLC

Code: GUINNES

Cours: 176 ngn

Objectif: 180,65 ngn (+3%)

La compagnie bénéficie de nombreux facteurs de croissance dont l’accroissement du PIB (taux de croissance annuel de 6% d’ici à 2020), une population locale jeune, une démographie importante et une consommation actuelle basse qui laissent une marge de croissance importante.

CONSEIL N°4

East African Breweries Limited

Code: EABL

Cours: 270,97 kes

Objectif: 298 kes (+10%)

Avec une domination totale du marché de la bière du Kenya, de l’Ouganda, du Sud-Soudan et de la Tanzanie, la plus grande brasserie de l’Afrique de l’Est bénéficie d’importants investissements, ce qui crée un fossé difficile à rattraper pour ses concurrents. 

Nathalie Praz

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