Bilan

Investir 5 à 10% dans les infrastructures

Pour l’expert Jörg Odermatt, les caisses de pension suisses devraient être autorisées à financer directement les infrastructures publiques, comme cela se fait dans d’autres pays.

Jörg Odermatt est CEO de PensExpert.

Crédits: Dr

Financer le second tube autoroutier du Gothard ou l’hypothétique traversée du lac Léman à Genève grâce à l’argent des caisses de pension. Cela n’est pas encore possible en Suisse, mais les choses pourraient évoluer dans les années à venir si les taux d’intérêt pour les obligations demeuraient aussi bas. C’est du moins l’avis de Jörg Odermatt, CEO et fondateur de PensExpert, société suisse pionnière dans le marché de la prévoyance individualisée.

Pour quelles raisons le financement des infrastructures par les caisses de pension n’est pas une option en Suisse, contrairement à d’autres pays?

Cela n’était pas encore nécessaire. Les taux d’intérêt sur les obligations étaient plus élevés dans le passé. Les caisses de pension n’avaient pas besoin de chercher d’autres possibilités de placement. Avec les taux actuels nuls ou négatifs, les choses ont évolué. Si cette situation devait encore durer quatre ou cinq ans, les caisses de pension seraient forcées de trouver d’autres placements stables avec un rendement durable, par exemple dans les infrastructures. Le Canada et l’Australie sont très avancés dans ce domaine, ce qui leur a notamment permis de surmonter la crise de 2008 avec plus de facilité.

Une telle solution permettrait de limiter les dépenses publiques. Quels seraient les avantages pour les caisses de pension?

On peut imaginer un rendement entre les obligations et l’immobilier, soit entre 1 et 1,5%. Cela pourrait être plus important dans le cas de projets à péage, par exemple. Mais cela permettrait surtout une nouvelle diversification et une identification plus grande pour les assurés. On sait où va l’argent. C’est pourquoi il faudrait privilégier dans un premier temps les investissements suisses par rapport à ceux à l’étranger. 

Quelle répartition proposez-vous?

Les caisses de pension peuvent investir au maximum 100% de leurs avoirs dans les obligations, 50% dans les actions, 30% dans l’immobilier et 15% dans les placements alternatifs. Ce serait une bonne idée de créer une nouvelle catégorie concernant les infrastructures avec un maximum compris entre 5 et 10%, par exemple, en réduisant les placements alternatifs. 

Où en est-on aujourd’hui?

La plupart des grandes caisses, comme Publica, sont en train d’investiguer dans différentes options envisageables. Une possibilité serait de passer par des fonds, une autre consisterait à recourir à des PPP (partenariat public-privé) ou à des investissements directs. Pour le moment, cette dernière option reste interdite selon les directives de l’ordonnance (OPP2). Quant aux placements indirects, ils sont considérés comme des placements alternatifs. Ce sujet est actuellement discuté par divers politiciens au Parlement et une évolution est loin d’être exclue dans le futur. 

A quel horizon un tel changement serait-il envisageable selon vous?

Cela dépend de l’évolution des taux d’intérêt. S’ils restent négatifs ou proches de zéro encore un an ou deux, la pression va augmenter sur les caisses de pension. En revanche, si les taux remontent, ce serait différent. Mais cela paraît peu probable. Il faut s’attendre encore longtemps à des taux d’intérêt bas. 

William Türler

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