Bilan

Innovation disruptive: le bon filon à suivre

Les nouvelles technologies permettent aux entreprises de transformer radicalement des secteurs entiers de l’économie mondiale. Elles créent des opportunités de placement intéressantes.

Si les marchés financiers ont toujours eu tendance à se focaliser sur le court terme, les investisseurs, eux, ont besoin de se projeter dans l’avenir. Les notions de responsabilité et de durabilité ont pris une importance considérable à leurs yeux et il est désormais essentiel de placer les générations futures au cœur des décisions et des processus d’investissement. C’est en identifiant les grandes tendances à long terme que les investisseurs peuvent profiter d’opportunités originales et innovantes.

Parmi les quatre tendances séculaires qui auront un impact déterminant sur l’économie mondiale – changement climatique, démographie, modes de consommation et innovation disruptive –, la dernière mérite un éclairage particulier. Il s’agit non seulement des nouvelles technologies disruptives, mais également des modèles d’affaires facilités par l’innovation, qu’elle soit d’ordre technologique ou stratégique. Illustration parfaite de l’innovation stratégique et de ses implications disruptives sur l’industrie: la compagnie aérienne européenne easyJet, avec son modèle à bas coûts, ses liaisons régulières «point-to-point» et ses prestations minimales. A l’heure actuelle, les technologies comme l’intelligence artificielle (IA) permettent aux entreprises de transformer radicalement des secteurs entiers. Les sociétés impactées par la thématique de l’IA sont non seulement celles qui développent ces systèmes, mais aussi les utilisateurs, et ce dans tous les domaines.

Industrie 4.0, digitalisation, e-commerce, fintech...

Le large spectre des secteurs concernés par l’innovation disruptive peut se scinder en plusieurs groupes. Les plus importants sont notamment l’industrie 4.0 (souvent liée à la robotique et à l’IA), la digitalisation, la cybersécurité et l’innovation dans la santé. Si l’innovation disruptive se distingue véritablement des trois autres grandes tendances séculaires, c’est qu’elle a un réel impact sur ces dernières. Elle peut en effet aider à lutter contre le changement climatique en facilitant les développements en matière d’énergies propres, mais aussi avoir une incidence sur l’évolution démographique en améliorant la santé des personnes âgées, ou encore favoriser la modification des habitudes de consommation par le biais de la transformation digitale dans le commerce de détail.

En 2019, plus de la moitié de la population mondiale a accès à l’internet. De plus en plus de services sont proposés en ligne, ce qui crée des opportunités pour de nouvelles activités disruptives. Le thème de la digitalisation couvre notamment la fintech, l’e-commerce, le cloud computing et le big data, lesquels ont déjà affiché une très forte croissance et continueront à prendre le pas sur les secteurs traditionnels. Les sociétés centrées sur le paiement digital ont déjà enregistré une croissance plus rapide que le marché dans son ensemble sur les deux dernières années, et elles se traitent toujours à des valorisations raisonnables. Or, leur croissance est appelée à s’accélérer encore, dans la mesure où les catalyseurs tels que les paiements «peer-to-peer» mobiles continuent à gagner du terrain, tandis que les paiements «business-to-business» sont désormais prêts pour la disruption digitale.

L’innovation a poussé les gestionnaires d’actifs à réajuster leur offre. D’où le développement de nouvelles solutions thématiques qui répondent à une demande accrue pour des approches couvrant de multiples thèmes et une gamme diversifiée d’investissements, avec l’objectif de bénéficier pleinement des grandes tendances séculaires. Ces approches sont d’autant plus attrayantes à l’heure où la classification traditionnelle des secteurs s’avère de moins en moins pertinente et où l’innovation disruptive tend à gommer les différences entre les pays, les industries et les secteurs.

* Senior Analyst, Union Bancaire Privée (UBP)

Le Berre Cedric
Cédric Le Berre

Analyste fonds senior et spécialiste en investissement

Lui écrire

Cédric Le Berre a rejoint l’UBP en 2013 en tant que spécialiste en investissement et analyste fonds. Il couvre principalement la sélection des gérants et la recherche en actions pour les marchés américain, émergent et japonais. Précédemment, Cédric Le Berre a travaillé chez Lloyds International Private Banking, spécialisé dans la sélection de fonds et la gestion de portefeuille, couvrant les marchés émergents et le Japon. Auparavant, il avait été, durant cinq ans, analyste sur les marchés émergents au sein de Lombard Odier & Cie.

Cédric Le Berre est titulaire d’un diplôme (MA) de Philosophie et de Chinois de l’Université de Genève, ainsi que d’un MBA de HEC-Genève (Hautes Etudes Commerciales de l’Université de Genève).

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