Bilan

«Il faut transformer la gestion de fortune»

Le gérant indépendant Jay Oberai aimerait dynamiser le métier de banquier privé grâce aux nouvelles technologies. Son but: faire de Genève le hub de la WealthTech.

Jay Oberai est fier d’être sikh: «Sans caste, c’est l’une des religions les plus égalitaires au monde»

Crédits: Kazanovsky

Avec son turban, Jay Oberai ne passe pas inaperçu dans le monde feutré des banquiers privés genevois. Acteur important de la gestion de fortune avec près de 2,5 milliards de francs sous gestion (en Suisse et à l’international), le fondateur de Synergy Asset Management entend se faire un nom sur la place genevoise. 

Exit la gestion de fortune traditionnelle. Depuis plusieurs années, Jay Oberai fait de la recherche fondamentale dans les neurosciences et la psychologie en collaboration avec les Universités d’Oxford et de Cambridge, dans le but de comprendre les profils d’aversion au risque de ses clients. Il développe aussi
de nombreuses technologies, y compris l’informatique quantique, afin d’obtenir des performances bien au-dessus de la moyenne des marchés. 

Il vient par ailleurs de s’associer avec d’autres acteurs de la finance à Genève pour lancer le Geneva Council of Wealth Managers, think tank dont l’objectif est de moderniser la gestion de fortune en Suisse. Cette association réunit des dirigeants de banque privée et des gestionnaires de fortune indépendants prêts à adopter les nouvelles technologies dans leur métier. Le conseil entend également encourager les startups à s’installer à Genève, grâce au soutien des incubateurs locaux (Fongit) et des accélérateurs internationaux tels que 500 Startups à San Francisco. 

De plus, le Genevois organise pour la seconde année consécutive le Geneva WealthTech Forum qui se déroulera le 14 mars prochain au Campus Biotech à Sécheron. En partenariat avec le canton de Genève, l’objectif de ce forum est de promouvoir la gestion de fortune privée 4.0 en invitant de nombreux acteurs et autres entrepreneurs utilisant les nouvelles technologies dans les secteurs de la finance. «Les clients évoluent, d’où la nécessité urgente de transformer cette industrie», affirme l’entrepreneur.

Du ballon rond à la Grande Pomme

C’est à l’âge de 2 ans que Jay Oberai s’est installé à Genève avec ses parents, employés des Nations Unies. Originaire du nord de l’Inde, la famille revendique avec fierté sa religion sikhe. «Sans caste, c’est l’une des religions les plus égalitaires au monde», s’enthousiasme le financier. «Les sikhs sont des personnes pacifiques qui recherchent la vérité et la justice. Ils ne représentent que 1,7% de la population indienne, mais remplissent 40% des effectifs de l’armée et 20% du secteur économique.» 

Enfant, Jay Oberai suit sa scolarité à l’Ecole internationale de Genève et songe à devenir footballeur. Il se passionne aussi pour la littérature internationale – russe, colombienne, nigérienne et, bien sûr, anglaise. Quand il part étudier l’économie à Cambridge, il continue à jouer au ballon rond, rêvant secrètement d’une carrière sportive. Travailler dans le monde de la banque privée, il n’y pense guère, même s’il a quelque peu baigné là-dedans avec un père économiste. C’est ainsi un peu par hasard qu’il se retrouve à la fin de ses études engagé à la Citibank de New York. Puis sa carrière le mène à Londres, Singapour et Zurich où il apprend la langue de Goethe. Il se spécialise alors dans l’«advisory», le conseil en patrimoine. 

En 1995, Jay Oberai rentre à Genève, juste avant la naissance de la bulle internet. En 1999, il débute chez Coutts  avec comme mission to «build the business of your dream». Il ouvre alors des bureaux d’advisory pour la banque anglaise dans le monde entier. Puis il décide de se lancer à son compte en créant Synergy Asset Management avec deux partenaires. 

Aujourd’hui, il est seul à la barre du navire et sa société emploie 11 collaborateurs. A 50 ans, cet inconditionnel de Warren Buffett, passionné de psychologie pour adolescents, a l’impression d’en avoir toujours 30. C’est probablement l’une des raisons qui le mènent à surfer sur la gestion de fortune de nouvelle génération.

WealthTech Forum: La deuxième édition de cet événement aura lieu au Campus Biotech à Sécheron (GE)
le 14 mars prochain, en partenariat avec le canton de Genève. Programme et inscriptions sur
www.genevawealthtechforum.com

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l’Université de Genève. Elle débute sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Journaliste depuis 2010 pour le magazine Bilan, elle est spécialisée dans les PME. En grande amatrice de vins et gastronomie, elle est également responsable du supplément Au fil du goût encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal contribue par ailleurs régulièrement aux suppléments Luxe et Immo Luxe de Bilan.

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