Bilan

IG Bank, poids lourd du trading en ligne, s'installe à Genève

Le géant londonien du négoce veut développer sa clientèle helvétique, selon le CEO Fouad Bajjali, basé à Genève.

Fouad Bajjali, CEO d'IG Bank à Genève, qui dirigera une équipe de 20 collaborateurs.

Le marché du trading en ligne continue de croître. La place financière suisse profite de cette tendance. Un nouveau concurrent de poids de Swissquote Bank, Saxo Bank et Dukascopy Bank vient de s'établir à Genève: IG Group, un acteur britannique du négoce en ligne, fondé en 1974, qui figure parmi les leaders mondiaux du secteur, avec une capitalisation de 3,3 milliards de francs à la Bourse de Londres. Comme les autres acteurs de la place, IG a dû obtenir une licence bancaire suisse pour pouvoir opérer sur le marché helvétique, et c'est sous l'appellation IG Bank SA qu'il inaugure ce lundi ses bureaux à Genève. Sa spécialité : un instrument financier dérivé appelé CFD, ou « Contracts For Difference » (lire encadré ci-dessous).

Avant son arrivée, IG comptait déjà quelques milliers de clients en Suisse. « Nous souhaitions nous rapprocher de notre clientèle suisse, qui se compose essentiellement d'investisseurs privés, mais aussi développer notre clientèle institutionnelle, y compris les family offices, et c'est pourquoi notre choix s'est naturellement porté sur Genève», explique à Bilan Fouad Bajjali, le CEO d'IG Bank à Genève, qui dirigera une équipe de 20 collaborateurs. Lui-même trader au départ, Fouad Bajjali avait commencé sur le « trading floor » de IG à Londres. Trois ans plus tard, il partait à Singapour participer au développement de ce bureau ; une expérience réussie, qui le désignera pour contribuer au développement du bureau de Madrid, avant de diriger les opérations pour l'Espagne et le Portugal.

En Suisse, il estime que la FINMA, l'autorité de surveillance bancaire, fait un travail «des plus rigoureux », qui a le mérite d'offrir un «level playing field » à tous les acteurs du secteur. « Nous sommes ravis d'avoir passé avec succès un audit aussi approfondi, car cela démontre notre sérieux et dresse en même temps des barrières exigeantes aux nouveaux entrants. » Nouvellement arrivé en Suisse, Fouad Bajjali est né en Espagne et parle couramment l'allemand.

Comme chez ses concurrents, IG n'offre pas de conseil en placement, mais uniquement une assistance technique. Ces plateformes offrant des instruments de trading sophistiqués s'adressent en effet à des investisseurs expérimentés. 

Qu'est-ce qu'un CFD ?

Les CFD, ou « Contracts for difference », ont été introduits pour la première fois en Suisse en 2006, notamment par la genevoise Synthesis Bank (qui a été rachetée en 2007 par la danoise Saxo Bank). Les CFD sont des produits dérivés qui permettent de parier à la hausse (« long ») comme à la baisse (« short ») sur une action, un indice, une devise ou une matière première, en répliquant exactement les mouvements de l'actif sous-jacent.

Chez IG Group, les CFD peuvent être utilisés pour traiter des indices, des futures, des devises, des actions. Comme pour d'autres titres tels que les options ou les ETF, il n'y a pas de livraison physique du sous-jacent. Échangés sur le marché de gré à gré (OTC), ces contrats entre l'émetteur (par exemple IG Bank) et l'acheteur (le client) ont l'avantage de permettre à ce dernier une faible mise de départ, avec un effet de levier qui varie selon la classe d'actifs.

Chez IG, pour une mise initiale de 10 francs, un client pourra placer jusqu'à 200 francs sur les actions, et jusqu'à 4000 francs sur les devises. Les CFD se prêtent surtout au négoce à court terme. La possibilité de jouer le marché à la baisse sans la complexité des options est l'un de leurs avantages clés. Les CFD n'ont en effet ni «strike» (prix d'exercice fixé à l'avance), ni échéance comme les options. En outre, ils échappent au droit de timbre. Contrairement aux actions, les CFD n'offrent pas de droit de vote ni de dividendes. 

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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