Bilan

HSBC pourrait céder une part de sa filiale suisse

Le groupe britannique aurait mis en vente un portefeuille de 15 milliards gérés par sa banque privée suisse, selon l'agence Bloomberg.

Plus grande banque d'Europe, HSBC détient 160 milliards de dollars d'actifs sous gestion en Suisse.

Crédits: DR

Et si la fin du secret bancaire touchait d'abord les banques étrangères installées en Suisse, avant les banques zurichoises ou genevoises? C'est l'hypothèse qui pourrait se confirmer si les sources internes citées par l'agence Bloomberg, se révélaient fiables: HSBC Private Bank Suisse chercherait à céder une masse sous gestion de 15 milliards de dollars sur les 160 milliards qu'elle gère depuis Genève.

Présente en Suisse depuis 1999 et l'acquisition de Republic New Corps et Republic Holdings à Edmond J. Safra, HSBC aurait été échaudée par les récents scandales liés à des clients ayant pratiqué l'évasion fiscale, mais aussi la fin du secret bancaire, selon l'agence Bloomberg. Cette dernière cite "quatre personnes ayant connaissance du dossier" dont "trois sources internes". Selon ces sources citées par Bloomberg, des documents liés à une vente partielle auraient été envoyés à des acquéreurs potentiels, même si aucune vente n'est assurée.

Falciani et la fin du secret bancaire

De nombreux clients fortunés, dont des Français, auraient entamé un retrait de leurs fonds, soit pour se mettre en régularité avec leur fisc, soit par crainte de la fin du secret bancaire. L'affaire Falciani, qui a vu un ancien informaticien de HSBC voler des données secrètes et les remettre à la justice française, a notamment fait du tort à l'image de l'établissement financier. Ces derniers jours, de nouvelles révélations ont été diffusées dans la presse, faisant état de 70 personnalités publiques ayant eu un compte (déclaré ou non) chez HSBC, et évoquant un système organisé par les équipes HSBC pour susciter la fraude fiscale chez leurs clients.

Si ce désengagement venait à être confirmé, cela contredirait les déclarations de Stuart Gulliver, CEO de HSBC, qui affirmait en mai dernier que la banque n'avait pas l'intention de se désengager de Suisse, mais simplement d'y "réorganiser son activité", afin de se concentrer sur les marchés émergents.

Démenti de la direction

"HSBC est pleinement engagée en Suisse, un marché clé pour l'activité de private banking et un marché prioritaire pour le groupe. Nous investissons fortement dans nos opérations dans ce domaine en Suisse", a déclaré la direction de HSBC aujourd'hui, se refusant à tout autre commentaire. Ces investissements feraient référence à un nouveau siège à Genève et à un système informatique renouvelé, soit plus de 200 millions de dollars mis en jeu.

Déjà en 2011, HSBC avait été l'objet d'une attention particulière de la part du gouvernement anglais pour ses activités en Suisse. La stratégie de la banque de profiter d'un système fiscal favorable, mais avec des implications douteuses, avait suscité des investigations de la part des autorités britanniques.

Une volonté de vendre se dessine

Contactées par Bilan, plusieurs sources proches de HSBC confirment la tendance à une cession d'une part des activités: «La banque internationale à Genève gère 160 milliards d’actifs. Ce n’est donc qu’une business line qui est concernée par une vente s’il s’agit de 15 milliards. Les affaires qui concernent les clients européens sont devenues difficiles à vendre depuis l’affaire Falciani», affirme ainsi un ancien cadre de la banque.

Pour une autre personne proche de HSBC, l'activité HSBC Private Bank "est en train d'être réorganisée depuis le départ d'Alexandre Zeller, il y a 18 à 24 mois". Pour cette source, "la volonté de vendre certaines parts ne fait pas de doute, reste à s'accorder sur le prix des actifs". Notre interlocuteur suppose que "Julius Bär pourrait faire partie des potentiels repreneurs".

Il y a quelques mois, le groupe Lloyds, autre groupe britannique présent en Suisse, vendait l'ensemble de ses activités helvétiques à l'UBP.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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