Bilan

Hillary Clinton veut gonfler les impôts des super riches

La candidate démocrate a promis de mettre fin à des pratiques qui permettent aux très grosses fortunes de contourner le fisc en passant par les Bermudes.

Hillary Clinton, candidate démocrate à la présidentielle américaine.

Crédits: AFP

Hillary Clinton l’appelle la “niche des Bermudes”. L’ancienne Secrétaire d’Etat qui brigue la succession de Barack Obama à la Maison-Blanche en novembre, a promis de s’attaquer à une pratique fiscale permettant aux très grosses fortunes américaines de payer nettement moins d’impôts que la moyenne américaine en investissant notamment dans des sociétés de réassurance aux Bermudes.

Le programme fiscal qu’elle a présenté cette semaine a pour but avoué de rééquilibrer quelque peu la balance entre les super riches et les autres contribuables américains. La candidate démocrate à la présidence a notamment l’intention de créer une “surtaxe d’équité” de 4% pour les multimillionnaires qui gagnent plus de 5 millions par année. En s’attaquant aux super riches, Hillary Clinton  estime pouvoir récupérer entre 400 et 500 milliards de dollars sur 10 ans.

Cette approche part d’un constat: les 400 plus grosses fortunes sont frappées par un taux d’imposition de moins de 17% alors que celui-ci était encore de 27% il y a 20 ans. A l’autre bout de l’échelle des revenus, le salarié américain moyen paie 31,5% selon des chiffres de l’OCDE publiés en avril 2015.

Filtres fiscaux

Le système élaboré par les super riches et leurs conseillers fiscaux est simple sur le fond. Il consiste à faire en sorte que les revenus imposables soient transformés en des revenus taxés à des taux moins élevés. L’une des idées est de créer des filtres fiscaux. Un exemple donné récemment par le New York Times: Daniel Loeb, le fondateur du hedge fund Third Point qui pèse 17 milliards de dollars, investit dans une société de réassurance basée dans les Bermudes. Celle-ci place ces fonds dans Third Point. Du coup, Daniel Loeb échappe à une ponction fiscale de 40% sur les bénéfices à court terme de son investissement. Au lieu de cela, il paie un impôt deux fois moins élevée sur les gains en capital à son terme.

Bernie Sanders, le principal concurrent d’Hillary Clinton pour l’investiture démocrate, a axé sa campagne électorale sur la réforme fiscale et le combat contre l’inégalité en matière de revenus. Le Sénateur du Vermont veut notamment rabaisser le seuil d’imposition sur les droits de succession aux Etats-Unis. A l’heure actuelle, seuls les couples léguant des héritages de plus 11 millions de dollars sont taxés. Bernie Sanders aimerait faire passer ce seuil à 7 millions de dollars, un but qui reste modeste lorsque l’on sait qu’au début des années 1990, la barre était fixée à 1,2 millions de dollars.

Dans le camp républicain, pas question d’augmenter les impôts des super riches. Au contraire, les principaux candidats à la Maison-Blanche dont Marco Rubio et Donald Trump veulent supprimer l’impôt sur les successions. Rand Paul, le Sénateur du Kentucky, a en outre l’intention de réduire drastiquement le taux d’imposition pour tous les Américains à 14,5%. Son problème: après des mois de dégringolade dans les sondages, il n’était pas invité jeudi soir au débat républicain en prime time organisé par la chaîne Fox Business et a désormais peu de chance de peser sur la cours à la Maison-Blanche.

Jean-Cosme Delaloye

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