Bilan

Gonet & Cie: «La clientèle onshore suisse est multiple»

Lorsque Serge Robin passe, au début de 2010, de la direction de Merrill Lynch Bank (Suisse) à celle de Gonet & Cie, il apprécie mieux que quiconque la structure à taille humaine de la banque privée genevoise, tout comme son modèle de banque non cotée purement axée sur la gestion de fortune, sans les impératifs d’un géant coté en bourse.

Aujourd’hui, Gonet fait partie des banques dont le modèle s’avère bien armé dans le contexte de la fin du secret bancaire international: «Nous avons environ 50% de clientèle suisse pour laquelle les questions d’impôt libératoire et de conventions de double imposition n’interviennent pas», indique Serge Robin. La clientèle suisse, sur laquelle de nombreuses banques se recentrent actuellement, «est en réalité une clientèle multiple», affirme l’ancien responsable de l’asset management et de la recherche de Lombard Odier. Il cite quatre catégories d’intervenants. En premier lieu, les family offices, une clientèle privée aux caractéristiques quasi institutionnelles, qui est toujours en forte croissance en Suisse, même si souvent le bénéficiaire ultime réside hors de Suisse. «Ce type de clientèle a des mandats de gestion discrétionnaire auprès de différentes banques, observe Serge Robin. Chez Gonet, nous les conseillons principalement sur l’allocation d’actifs.» Mais c’est une clientèle qui privilégie a priori les grands établissements. Puis il y a les entrepreneurs, «catégorie intéressante, et fortement représentée sur le marché suisse».

Lorsque l’entrepreneur vend sa société, il génère des actifs liquides, et c’est au niveau de cette monétisation de l’activité qu’intervient Gonet en tant que gérant. L’associé cite ensuite les étrangers résidant en Suisse, au forfait ou non: «Les sportifs tels que les pilotes de F1 ou les joueurs de tennis, clientèle aux besoins spécifiques, sont une clientèle que nous ciblons.» Enfin, il évoque une clientèle «très importante, à laquelle on prête le moins garde, à savoir les professions libérales: les avocats, notaires, médecins, qui ont connu une forte croissance ces dernières années». Historiquement, Gonet & Cie est très présente auprès de cette clientèle, dont elle est proche par sa culture et sa tradition. Récemment, la banque a fondé Gonet Conseils Finance, une entité juridique à part, détenue en partie par la banque, et qui se consacre aux services de gestion patrimoniale pour tout ce qui n’est pas liquide: assurances, prévoyance, prestations immobilières, consolidations de portefeuille. Ainsi, le paysage onshore suisse, pour les établissements qui y sont bien établis, reste très diversifié et porteur d’opportunités.

 

LA STRATEGIE DE PLACEMENT DE GONET & CIE

Actions Vers une pondération de 50%. Les blue chips européennes et américaines sont privilégiées. Retour sur les marchés émergents, mais prendre en compte la volatilité.

Matières premières La banque a rebalancé sa position en or suite à la forte hausse et a augmenté les matières premières.

Changes Le franc restera fort. L’euro recèle des poches d’inquiétude. Dollar: poursuivra sa baisse. Tant l’euro que le dollar vont se déprécier contre le renminbi et le franc suisse.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

Du même auteur:

L'INSEAD délivre 40% de MBA en Asie
La bombe de la dette sera-t-elle désamorcée ?

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."