Bilan

Giroud Vins: le fisc demande 9,54 millions de francs

Dans un reportage diffusé mercredi, la RTS apporte des éléments nouveaux dans l'affaire Giroud Vins et les montages frauduleux du groupe viticole.

La société Giroud Vins est basée à Sion, héritière d'une tradition familiale née au début du 20ème siècle. En 2008 elle inaugure une importante cave de dégustation. Elle est aujourd'hui sous le regard du fisc pour les agissements de son propriétaire dans les années 2000.

Crédits: Image : swissportal.ch

Ils ont failli ne pas être diffusés. Les deux reportages de la Radio Télévision Suisse sur la société Giroud Vins avaient été attaqués par Dominique Giroud, propriétaire de l'entreprise, devant le juge du district de Sion. Ce dernier a finalement rejeté la demande de l'entrepreneur à qui il reste dix jours pour faire appel.

Dans ces deux reportages, les journalistes apportent des éclairages nouveaux sur le "système" Giroud. Ainsi, selon l'enquête de la RTS, Giroud Vins SA doit au total 9,54 millions de francs au fisc. Ce montant, contesté par les avocats de Dominique Giroud, correspond à des impôts fédéraux et cantonaux non acquittés, pour la période 2003-2010, ainsi que des amendes et intérêts dus à la Confédération.

Les reportages ne permettent cependant pas d'en savoir plus sur les séquestres qui avaient été réclamés sur les biens de Dominique Giroud (propriétés, oeuvres d'art) pour garantir les créances de la Confédération, à hauteur de 3,3 millions de francs. Ces séquestres auraient été suspendus, et les protagonistes interrogés sur le sujet, dont Jean-Michel Cina, président du Conseil d’Etat, n'ont pas souhaité s'exprimer.

Des fournisseurs fictifs dans le Valais ?

Les détails de l'enquête pénale du fisc contre Dominique Giroud sont cependant décortiqués et ses montages détaillés. Il s'agit principalement de facturations non déclarées entre ses deux sociétés Giroud Vins SA en Suisse romande et Weinhandel Edelweiss AG en Suisse alémanique. Entre 2003 et 2009, 4,2 millions de francs auraient ainsi été détournés, et placés sur un compte Credit Suisse d'une société offshore. La banque n'a pas souhaité confirmer l'information.

Enfin, de fausses facturations pour 2,8 millions de francs suisses auraient été émises, permettant le retrait d'argent liquide pour le placer sur le compte offshore. Cet argent était ensuite réinvesti dans la société, ce qui explique sa croissance fulgurante dans les années 2000.

Ces pratiques ont été reconnues par Dominique Giroud. Selon l'enquête de la RTS, l'entrepreneur viticole aurait évoqué devant les enquêteurs avoir recouru à des "fournisseurs fictifs", une pratique qu'il avait assuré être "courante en Valais". Au risque de jeter le discrédit sur toute la profession... qui a nié en bloc avoir recours à ce système, par la voix de Paul-André Roux, président de l’Interprofession de la Vigne et du Vin en Valais (IVVs).

 

Camille Andres

JOURNALISTE

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