Bilan

Genève : la blockchain pour des opérations de changes instantanées

Crédit Agricole next bank, la banque basée en Suisse depuis 2000, teste des applications blockchain pour ses clients, notamment pour le transfert de changes. Une première et un projet pilote pour le groupe. Sa CEO Catherine Galvez nous explique la logique de ces développements.

« Ce que nous testons actuellement, c’est la même expérience que le cash, avec une transaction instantanée d’un compte à l’autre, mais de manière beaucoup plus simple et sécurisée », explique Catherine Galvez, CEO de Crédit Agricole next bank

Crédits: DR

Parmi les multiples projets bancaires basés sur la blockchain, on en compte assez peu qui soient véritablement orientés clients. Crédit Agricole next bank offre un exemple intéressant à ce niveau : elle est en train de tester une solution de transfert transfrontalier incluant une opération de change, basée sur la blockchain. Pour l’heure, la technologie est en phase de test jusqu’à l’été, auprès d’un groupe de collaborateurs de la banque.

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«Les clients qui souhaitent transférer de l’argent sur un compte à l’étranger dans une autre devise ont finalement trois possibilités, explique la CEO de la banque, Catherine Galvez. Dans le cas de frontaliers, ils peuvent demander un rapatriement de salaire vers un compte en France. Pour eux, comme pour des résidents suisses qui auraient un compte en France, ils peuvent aussi faire un virement. Dans les deux cas, l’opération nécessite entre un et trois jours, avec des frais de change et de transaction».

Troisième option: le cash. La CEO précise qu’il y a encore de nombreuses personnes qui ont une préférence pour les traditionnels bureaux de change, avec une opération instantanée, en liquide. «Ce que nous testons actuellement, c’est la même expérience que le cash, avec une transaction instantanée d’un compte à l’autre, mais de manière beaucoup plus simple et sécurisée». Les frais associés seraient aussi plus transparents. «Nous voulons offrir un service de premier ordre, à la fois sur les tarifs et sur l’expérience utilisateur, grâce à cette technologie».

Projet pilote 

Nicolas Frances, responsable du service data, rappelle que le groupe Crédit Agricole est très actif dans l’innovation. «Ce que nous testons ici avec la blockchain appliquée aux opérations de changes est un des projets pilotes pour le groupe». Pour l’heure, ce test est effectué entre des comptes Crédit Agricole next bank pour le côté suisse, et Crédit Agricole des Savoie pour le côté français. «Mais la technologie blockchain que nous utilisons repose sur Ripple, qui est un système de messagerie interne entre banques, permettant d’automatiser et de simplifier les processus». Donc dans le futur, si d’autres banques utilisent Ripple - un système déjà assez répandu - Crédit Agricole next bank pourrait également travailler avec d’autres banques, pour des opérations de change ou d’autres applications.

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«Je précise qu’il ne s’agit pas du tout de cryptomonnaies, ajoute la CEO. Nous n’avons aucun projet dans ce sens et aucune demande de clients d’ailleurs. Nous nous intéressons ici aux technologies blockchain et les applications possibles pour nos clients».

Repositionnement stratégique 

Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un repositionnement stratégique de la jeune banque, présente en Suisse depuis 2000. Ce qui a notamment occasionné un changement de nom l’an dernier, pour Crédit Agricole next bank, remplaçant Crédit Agricole Financements. Un nom qui reflétait l’ADN de départ, avec un axe fort sur les services de financement, notamment hypothécaires, pour des achats de biens immobiliers en Suisse et en France voisine. «Dès 2009, nous avons développé une offre de banque de détail, avec des solutions de comptes courants, d’épargne et de prévoyance, qui seront d’ailleurs renforcés cette année, ajoute la CEO». 

CA next bank compte aujourd’hui 45'000 clients, dont 8'000 qui ont rejoint l’établissement l’an dernier. La banque cible un objectif de 100’000 clients d’ici 2023. De 200 collaborateurs, les effectifs de la banque devraient être portés à 250. 

La banque, qui compte aujourd’hui neuf agences, veut par ailleurs porter son réseau à quatorze implantations à terme. Mais ce n’est pas tout. «Nous voulons que le client ait au moins quatre portes d’entrées. Effectuer des opérations lui-même via son e-banking, contacter un conseiller à distance grâce à une équipe de 25 conseillers plurilingues, ou encore se rendre en agence, qu’il s’agisse d’une agence fixe ou mobile ». 

Concept «d’agence mobile» renforcé 

Si l’objectif de CA next bank est d’augmenter le nombre d‘agences, le réseau restera limité et concentré aux zones denses en population. Mais face à la désertion des services bancaires dans certaines régions de Suisse, la banque a trouvé une solution originale, qui semble porter ses fruits. 

«Nous avons développé une agence mobile, avec un véhicule assurant notamment la couverture de certaines régions, dans les cantons de Neuchâtel et du Jura. Nos clients ou prospects peuvent prendre un rendez-vous et nous allons à leur rencontre. L’idée est d’être là quand le client en a besoin, que ce soit à son domicile ou sur son lieu de travail », précise encore la CEO. Vu le succès rencontré, la banque compte lancer une seconde agence mobile pour la Suisse alémanique.  

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Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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